🐱 "Lifestyle" ou "art de vivre"

Lifestyle est un mot anglais passĂ© dans le langage courant en français. Pourtant, si nous devions le traduire comme je l’ai fait dans l’un de mes derniers articles, serait-on convaincu? “Style de vie” sonne plat.

  1. “il a un style de vie pas trùs sain” ok ça passe

  2. mais magazine “style de vie” au lieu de lifestyle, ça ne fonctionne pas.

C’est le slogan Roche Bobois qui me met la puce à l’oreille.

“French art de vivre”

Je le trouve particuliĂšrement bien trouvĂ©, car il est Ă  mes yeux plus justes de parler d’ “art de vivre” plutĂŽt que de “style de vie” Ă  une Ă©poque oĂč on se pose tous la question des bonnes routines Ă  adopter pour gĂ©rer les dĂ©fis du quotidien.

Pour un entreprise française, c’est mĂȘme assez cocasse de voir le mot “french” en anglais au lieu du français. La raison en est toute simple: “art de vivre français” ne donne pas l’effet d’un slogan.

Bref, tout ça pour dire que je me reconnais davantage dans l’expression “art de vivre” que lifestyle. Il y a une notion de sur-mesure, artisanale qui me paraĂźt plus appropriĂ©e pour la conduite de nos vies.

đŸ˜” Crise de l'attention

Le contexte actuel est marquĂ© par deux dynamiques: la crise de l’attention et la sociĂ©tĂ© de l’image. Nous sommes bombardĂ©s de signaux du matin au soir sans interruption. Notifications sur smartphone, emails, appels, pub dans le tram, messagerie directe


Historiquement, les mĂ©dias avaient le monopole de la diffusion. Journaux, radios et TV se partageaient les audiences Ă  divers moments de la journĂ©e. Ils Ă©taient par ailleurs limitĂ©s Ă  un territoire prĂ©cis, parfois linguistique. Avec l’émergence du web 2.0, ce monopole a non seulement explosĂ© mais les frontiĂšres linguistiques et territoriales se sont effondrĂ©es. Nous pouvons dĂ©sormais ĂȘtre exposĂ© Ă  un article d’un mĂ©dia traditionnel, d’un influenceur ou encore d’un bloggueur sans hiĂ©rarchie particuliĂšre. Chacun est mis au mĂȘme niveau.

Cette explosion du nombre de contenus a eu un effet collatĂ©ral, l’attention du public est devenue rare. Ou, pour le dire en d’autres termes et citer James Cleick: “When information is cheap, attention become expensive”.

Il y a deux points de vue pour envisager cette problĂ©matique. Celui de l’internaute qui doit faire un effort plus grand de tri et celui des Ă©metteurs qui ont plus de peine Ă  se faire entendre. Pour l’internaute, il y a une limite au-delĂ  de laquelle il n’est plus possible d’ingĂ©rer de nouvelles informations. Tout simplement parce que ce n’est humainement pas possible ou par dĂ©faut de temps. Pour les Ă©metteurs en revanche, il y a la tentation d’en faire davantage. Augmenter le nombre de messages, de canaux, initiatives, etc. Ce qui en rĂ©alitĂ© ne fait qu’amplifier le problĂšme


La derniĂšre campagne de Nike est Ă  ce titre intĂ©ressante. Ils sont dĂ©jĂ  au coup d’aprĂšs. Il n’est plus question d’ “attirer l’attention” mais de la contrĂŽler. Pour ce faire, ils ont pris parti pour une position politique soutenue par l’un de leur athlĂšte Colin Kaepernick qui s’est fait connaĂźtre en s’agenouillant pendant l’hymne national.

La campagne a clivĂ© deux camps opposĂ©s et a monopolisé  l’attention. RĂ©sultat: des augmentations de vente Ă  31 %.

Adidas Originals - BVG

Je profite de la sortie du clip des transports publics berlinois pour tester Adobe Premier Rush. Une vidéo side by side, avec un trÚs léger éditing sur le clip des BVG pour une synchro parfaite entre les deux :)

Perso hyper fan des deux versions. Presque frustré de ne pas identifier toutes les références


đŸč Hamster Wheel 2 - Internet est organique

Pour complĂ©ter mon prĂ©cĂ©dent billet, il faut souligner la nature du web en gĂ©nĂ©ral. Ce dernier Ă©volue en permanence, il est organique. Il n’est jamais stable, car les internautes contribuent chacun Ă  leur Ă©chelle Ă  son Ă©volution par les contributions qu’ils font au quotidien. Par opposition Ă  un journal ou un livre qui une fois publiĂ©s ne sont pas vouĂ©s Ă  ĂȘtre modifiĂ©s.

đŸ“± iOS 12 - Screen Time : bilan aprĂšs un mois d'utilisation

TrÚs mitigé, le bilan.
Je l’ai configurĂ© sitĂŽt mis Ă  jour. Objectif: rĂ©duire drastiquement ma consommation digitale sur smartphone, avec un accent particulier pour Instagram.

AprĂšs un mois, je dois dire que le contrat n’est pas vraiment rempli. Oui, le systĂšme vous bloque, ou devrais-je plutĂŽt dire, vous avertit que vous avez atteint votre limite quotidienne, mais dans les faits, vous contournez le blocage. RĂ©sultat, non seulement vous ne baissez pas votre consommation, mais vous culpabilisez de n’avoir aucune volontĂ©. Bref, il n’y a pas de miracles, pour limiter le temps d’écran, il faut se contre-conditionner.



💌 3 newsletters "Tech" pour se tenir informĂ©

  1. Morning Reader.
    Une newsletter quotidienne sous forme de liste. Y sont rĂ©pertoriĂ©s les 10 sujets les plus tweetĂ©s sur le digital en gĂ©nĂ©ral. Existe aussi sous forme d’App (mais je prĂ©fĂšre la version email).

  2. Dense Discovery.
    Une newsletter hebdomadaire dĂ©veloppĂ©e en parallĂšle de l’excellent magazine Offscreen. Un mix de liens Ă©clectiques (gadgets, long reads, mĂ©tiers, Ă©quilibre etc.) finement sĂ©lectionnĂ©s.

  3. Char.gd
    Autre newsletter hebdomadaire, davantage centrĂ©e sur l’industrie, agrĂ©mentĂ©e en gĂ©nĂ©ral d’une analyse de l’auteur sur LE sujet du moment.

Et vous, Ă  quelles newsletters ĂȘtes-vous abonnĂ©-e-s?

Apple Event - 30 octobre 2018

Beaucoup d’annonces qu’on pensait limitĂ©es aux iPads Ă  l’origine mais qui ont Ă©galement concernĂ© la ligne MAC, avec des nouveaux Macbook Air et Mac Mini.

Macbook Air

Je dois dire qu’attendre 2018 pour avoir des Macbook Air Retina display - LA grande nouveautĂ© de cette nouvelle mouture - est une honte. Il Ă©tait plus que temps
pour une amĂ©lioration que je juge “mineure”. Le Retina Display est de nos jours standard. Pour le coup, Apple avait clairement innovĂ© sur la ligne Macbook Pro en introduisant cette option en 2012, mais Ă©tait Ă  la traĂźne sur la ligne Macbook Air. On ne comprend que trop bien la logique Ă©conomique: si vous vouliez des Ă©crans Retina, il fallait y mettre le prix et choisir la gamme Pro


Mac Mini

Pas grand chose à dire sur les Mac Mini, mais une petite fonctionnalité traitée assez rapidement a retenu toute mon attention: la possibilité de connecter plusieurs Mac Mini et les relier les uns aux autres pour décupler les performances. Je suis assez curieux de savoir comment tout cela prend forme, notamment via quelle connectique?

iPad Pro

CĂŽtĂ© iPad, je ne m’attendais pas Ă  grand chose mais ai Ă©tĂ© conquis. Le nouveau design est trĂšs rĂ©ussi Ă  l’exception de la camĂ©ra qui ne permet pas d’avoir une surface plane. C’est une erreur Ă  mon avis si l’on veut dessiner dessus
 Certains se plaignent du manque de port Jack pour connecter un casque, ça ne me paraĂźt plus aussi indispensable de nos jours. En revanche, tout le monde s’accorde Ă  dire que le nouveau crayon, qu’on recharge en mode wireless, via les aimants latĂ©raux est une trĂšs belle rĂ©ussite, sans parler des boutons incorporĂ©s. Reste que les prix demeurent trĂšs Ă©levĂ©s et vont probablement cannibaliser l’entrĂ©e de gamme des laptops. Mon petit doigt me dit qu’ils veulent pousser le public Ă  choisir un iPad plutĂŽt qu’un laptop. Les Apps sont plus lucratives sur iOS que MacOS




đŸč Hamster Wheel

Le web d’aujourd’hui est conçu pour ĂȘtre consommĂ© de maniĂšre illimitĂ©e. Prenez Facebook, Pinterest, Reddit ou Youtube, votre feed vous proposera toujours du contenu. A la maniĂšre d’un hamster dans sa roue, vous pouvez vous Ă©puiser Ă  essayer de les consulter un Ă  un
il y aura toujours quelque chose Ă  regarder. (Pour un humain, il serait toutefois plus appropriĂ© de parler de treadmill
)

giphy.gif

En cela, le digital diffÚre largement des livres, des journaux ou autres médias traditionnels qui étaient marqué par un début et une fin. Cette observation a été partagée par Craig Mod dans son interview du magazine OffScreen.

Leçon Ă  en tirer: il faut dĂ©limiter les contours de sa consommation digitale plutĂŽt que de tomber dans le piĂšge des contenus sans fin. Pour ma part, je m’informe par les flux RSS centralisĂ©s par l’excellent outil Feedly. C’est une maniĂšre simple et efficace de centraliser toutes les sources d’informations sans passer par un filtre algorithmique.

đŸ’© Deux problĂšmes que les constructeurs n'ont pas rĂ©glĂ©s

  1. Les laptops sont devenus plus fins et plus lĂ©gers tout en Ă©tant plus puissants. Pourtant, il faut toujours emporter avec soi des cĂąbles d’alimentation voire des connecteurs qui occupent un espace consĂ©quent et pĂšsent un certain poids


  2. TransfĂ©rer des photos d’une camĂ©ra vers un ordinateur reste et demeure compliquĂ©. Un dĂ©but de rĂ©ponse a Ă©tĂ© trouvĂ© grĂące au bluetooth vers les smartphones, mais lorsqu’il s’agit de laptops ou ordinateurs fixes, nous en sommes toujours Ă  devoir dĂ©charger les photos via un lecteur de carte.

La question se pose en particulier en voyage, lorsque l’on fait ses valises et qu’on essaie d’emporter le strict minimum. Sur les rĂ©seaux, on parle souvent de kit. Entre la GoPro, l’appareil photo, le smartphone, le laptop, les chargeurs et les divers connecteurs, on s’en sort difficilement en mode minimaliste
 ce qui est assez contradictoire avec la vision que les constructeurs essaient de nous vendre, une vie de nomades Ă  l’aise en tout lieu.

🐱 Lifestyle: le mot-clĂ© de ces 10 derniĂšres annĂ©es

On l’entend Ă  toutes les sauces. Dans les magazines, sur les blogs ou encore les vidĂ©os. J’ai lu quelque part - je ne retrouve malheureusement plus la rĂ©fĂ©rence - qu’on ne choisit plus une carriĂšre mais un style de vie, gĂ©nĂ©ralement en lien avec des valeurs qui nous importent. ça me paraĂźt assez bien vu, mĂȘme si je l’interprĂšte aussi comme une maniĂšre de se reprĂ©senter au monde, dans un contexte exacerbĂ© par la sociĂ©tĂ© de l’image.

La question n’est pourtant pas nouvelle, mais elle a Ă©tĂ© favorisĂ©e par la montĂ©e en puissance du digital. Ce dernier transforme nos sociĂ©tĂ©s, il est donc normal que nos vies soient Ă©galement impactĂ©es. Y sommes-nous pour autant bien prĂ©parĂ©s? Je n’en suis pas certain.

Le web regorge de contenus en lien avec cette thĂ©matique. Nous y trouvons des conseils de toute sorte, mais chacun va dans le mĂȘme sens : adopter la meilleure routine possible pour affronter son quotidien. Il y a ceux qui se lĂšvent trĂšs tĂŽt, d’autres qui ne jurent que par la mĂ©ditation, d’autres encore qui font des choix de vie plus radicaux, par exemple les minimalistes ou encore les vegans.

C’est le signe que le digital rebat les cartes d’habitudes parfois bien ancrĂ©es. Un contexte qui peut ĂȘtre dĂ©stabilisant, mais Ă©galement reprĂ©senter une formidable opportunitĂ© pour questionner nos attentes et convictions.

📾 Mirrorless

L’étĂ© a amenĂ© son lot de nouveautĂ©s cĂŽtĂ© photographie. Et pas des moindres! Les deux grands constructeurs historiques, Canon et Nikon, ont enfin fait le grand saut vers le systĂšme mirrorless en proposant deux solutions full frame: le Canon EOS R et la ligne Nikon Z. J’ai longtemps attendu ce moment avant de changer pour Fujifilm l’annĂ©e passĂ©e. Aujourd’hui, je ne compte pas faire le chemin inverse.

Il y a plusieurs raisons Ă  cela.

  1. Les prix. On parle de 3500 CHF pour le Canon EOS R et de 2500 CHF pour le NikonZ6. C’est bien au-delĂ  des premiers prix de Fujifilm, sans parler du coĂ»t pour les objectifs. Les Fujifilms ne sont pas full frame cependant, mais pour mon utilisation actuelle, c’est amplement suffisant.

  2. ❀ La satisfaction du systĂšme Fujifilm. J’adore l’ergonomie de leurs appareils, en particulier celui du X-T2. Tous les contrĂŽles sont mĂ©caniques et disponibles directement sur le boĂźtier rendant les rĂ©glages trĂšs faciles d’accĂšs. Mieux, j’ai confiance en mon appareil. Je sais comment l’utiliser et le type d’images qu’il va produire. ça paraĂźt anecdotique, mais j’ai beaucoup plus de plaisir Ă  prendre des photos avec ce systĂšme qu’avec Canon.

  3. La qualité des optiques Fuji est exceptionnelle pour un prix raisonnable par rapport à ses concurrents.

Il y a fort à parier que les deux marques vont sortir d’autres modùles à des prix plus raisonnables. Preuve s’il en fallait encore une que le mirrorless est la voie du futur.

💡 Deux idĂ©es de business

  1. Construire un rĂ©seau social oĂč il n'est possible de publier qu'une seule fois toutes les 24h, indĂ©pendamment du type de mĂ©dia (texte, lien, gif, photo, vidĂ©o....). C'est prendre Ă  contre-pied le trend actuel et force l'utilisateur Ă  bien rĂ©flĂ©chir avant d'utiliser sa seule fenĂȘtre de tir quotidienne. Cela devrait vraisemblablement tirer vers le haut la qualitĂ© gĂ©nĂ©rale des posts publiĂ©s sur le rĂ©seau.

  2. Lancer une agence de communication autour de l'image. Dans un monde dominĂ© par l'image, une agence spĂ©cialisĂ©e dans ce domaine aura un succĂšs garanti. On me dira que ça existe dĂ©jĂ . Je n'en suis pas si certain. Soit nous avons des banques d'images Ă  la Keystone, soit des agences qui travaillent sur des concepts de communication plus globaux ou encore des agences photos. L'image de nos jours, ça peut ĂȘtre une illustration, un dessin, une photo, un poster,... Plus largement, des questions se posent autour de l'image: droits d'auteurs, droits d'image, veille rĂ©putationnelle...

🍏 L'Ă©cosystĂšme Apple 2

Dans un Ă©cosystĂšme qui tend Ă  se complexifier, la simplicitĂ© Ă  l'usage est un argument clĂ©, car dĂ©sormais ce n'est pas un appareil qu'il faut maĂźtriser, mais plusieurs. Chacun avec ses contraintes et particularitĂ©s. C'est lĂ  que Siri devient un Ă©lĂ©ment central du dispositif. Siri parvient Ă  lier diffĂ©rents appareils ensemble, malgrĂ© plusieurs OS diffĂ©rents, grĂące Ă  son interface vocale.

PrĂ©sent sur chaque plateforme, Siri vous permet de faire des requĂȘtes qui interagissent avec vos Apps. Apple lancera cet automne une nouvelle application "shortcut" qui permettra d'aller plus loin en liant des actions Ă  des mots-clĂ©s sur Siri. Une solution qui permettra d'automatiser des tĂąches rĂ©pĂ©titives sans passer par un clavier. 

J'utilise par exemple Siri via mon Apple Watch pour ajouter des "Rappels". Je n'ai plus besoin de sortir mon iPhone ou d'allumer mon ordinateur. Il me suffit de lancer Siri et dicter ce que j'aimerais qu'il retienne. Le rappel se retrouvera ensuite sur chacune des plateformes.

🍏 L'Ă©cosystĂšme Apple

Au tour d'Apple de tenir cette semaine sa confĂ©rence annuelle. Je l'ai regardĂ©e de bout en bout avec intĂ©rĂȘt. Premier fait marquant qu'on peut retenir, aucune nouveautĂ© matĂ©rielle n'a Ă©tĂ© annoncĂ©e, ce qui m'a contrariĂ© parce que je souhaitais renouveler mon MacBook Air. La prĂ©sentation s'est donc concentrĂ©e sur les quatre systĂšmes d'exploitation de la marque, dans le dĂ©sordre: iOS, Watch OS, tvOS et enfin Mac OS.

Je ne vais pas entrer dans les détails, disons simplement que iOS et Mac OS ont été au centre de l'attention, les nouveautés Watch OS et tvOS étaient de leur cÎté plus anecdotiques.

Parmi donc ces nouveautés, je retiens en particulier la nouvelle application Screen Time centrée autour du temps passé sur l'iPhone. Elle permet de mieux contrÎler sa consommation en se rendant compte du temps passé sur son smartphone avec le détail par application. J'applaudis des deux mains, cette fonctionnalité faisait cruellement défaut bien que des solutions tierces existent.

Du cÎté de Mac OS, il sera prochainement possible de porter les applications iOS sur Mac OS, ou en d'autres termes, du mobile aux ordinateurs fixes. D'aprÚs Apple, l'opération n'est pas trÚs compliquée pour les développeurs et promet donc une meilleures interopérabilité entre smartphones et ordinateurs. C'est assez bien joué car ça encourage les développeurs à créer des Apps pour l'écosystÚme Apple.

Et c'est justement ce dont il a Ă©tĂ© question tout au long de la confĂ©rence, comme un fil rouge invisible. Apple nous a prĂ©sentĂ© tout un Ă©cosystĂšme, allant du mobile, aux ordinateurs en passant par les montres connectĂ©es et le salon. Cet Ă©cosystĂšme devient un avantage comparatif majeur face aux concurrents, car si l'on regarde de prĂȘt, aucun d'entre eux ne parvient Ă  les concurrencer sur tous les fronts. Microsoft n'est pas Ă  la hauteur sur la question du mobile et des wearables devices (montres connectĂ©es p.ex) tandis que Google est faible sur les ordinateurs fixes. Linux de son cĂŽtĂ© reste un produit de niche et donc pas trĂšs grand public. La recrudescence des appareils tendent aussi Ă  orienter les consommateurs vers une seule solution. Diversifier les marques est la garantie de problĂšmes de comptabilitĂ© ce qui en 2018 est intolĂ©rable d'un point de vue utilisateur. AnnĂ©e aprĂšs annĂ©e donc, Apple ajoute des couches qui consolide cet Ă©cosystĂšme, car une personne qui achĂšte un iPhone sera encouragĂ© Ă  acheter d'autres produits. Mais ça veut aussi dire que cette personne devient de plus en plus prisonniĂšre de la mĂȘme marque.

💌 Offscreen mag - le coup de coeur de ce mois d'avril

Je les ai commandés à l'aveugle courant mars ne sachant pas trop à quoi m'attendre et ai commencé la lecture au début de ce mois. Et quelle bonne surprise! Je ne m'attendais pas à ça. C'est la premiÚre fois que je lis chaque page d'un magazine, publicités comprises.

offscreen-mag-cover.jpg

Publié trois fois par an, Offscreen mag explore le cÎté humain des nouvelles technologies. Chaque numéro est constitué de rencontres avec les professionnels du milieu, qu'ils soient designers, codeurs, etc. Les interviews sont particuliÚrement intéressants et enrichissants, mais on y découvre également des projets, des essais et des gadgets.

offscreen-mag-contenu.jpg

Indie Mag

Offscreen Mag fait partie d'une nouvelle tendance de magazines lancĂ©e autour des annĂ©es 2010, connue sous le nom d'Indie mag pour "independant magazine". Prenant le parti de publier lentement (quelques numĂ©ros par an), ces publications peuvent ĂȘtre assez longues (plus de 80 pages pour Offscreen) et de qualitĂ© supĂ©rieure avec un travail notable sur le design et le papier choisi. Selon Vanity Fair, les Indie Mag sont des contre-modĂšles aux contenus web, dont l'explosion ces derniĂšres annĂ©es a fatiguĂ© le lecteur.

📾 Ma conversion à Fujifilm

J'ai commencĂ© Ă  faire de la photo en 2007, il y a un peu plus de 10 ans. Le tout premier appareil que j'ai achetĂ© Ă©tait un Canon EOS 400D avec objectif standard. Puis, j'ai investi quelques annĂ©es plus tard dans un Canon EOS 7D avec acquisition progressive de divers objectifs. Quand vous faites le choix d'une marque, il est difficile d'en changer parce que vous avez en principe dĂ©pensĂ© des centaines des francs dans un Ă©quipement qui n'est compatible qu'avec la mĂȘme marque. J'ai donc longuement hĂ©sitĂ© avant de faire le grand saut...

J'avais repĂ©rĂ© le Fujifilm X-T2 dĂšs sa sortie mais n'avais pas craquĂ©. Il a fallu plusieurs mois de rĂ©flexion et de vidĂ©os youtube pour me convaincre et je dois dire que je ne regrette pas un seul instant ce choix. L'argument majeur Ă  l'Ă©poque Ă©tait le poids nettement plus lĂ©ger que mon Canon EOS 7D. En voyage en particulier - moments pendant lesquels j'utilisais le plus mon appareil photo - je rĂąlais sans arrĂȘt du poids de ce dernier, d'une lourdeur excessive. Je rĂ©flĂ©chissais Ă  deux fois avant de faire de la photo... Est-ce que prendre mon 7D valait vraiment la peine? (...) Quand on en arrive lĂ , le plaisir n'est plus au rendez-vous...

Les plus

Si le poids a été un argument massue, d'autres découvertes m'ont trÚs rapidement conquis:

  • la qualitĂ© des optiques. Je n'ai jamais Ă©tĂ© capable d'obtenir des rĂ©sultats aussi nets avec une configuration Canon. Je n'ai pourtant pas suivi de cours ou de formation en passant Ă  Fuji.
  • la facilitĂ© d'utilisation des contrĂŽles. Les molettes sont toutes accessibles sur l'appareil, sans passer par l'interface digitale.  Ouverture sur l'objectif, Vitesse sur la droite de l'appareil.
  • le prix des objectifs. Plus raisonnables que sur Canon pour une qualitĂ© supĂ©rieure Ă  mon avis.
  • l'encombrement minimal.
  • la taille de l'appareil donne moins l'impression d'ĂȘtre un paparazzi. C'est apprĂ©ciable quand on fait de la street photography.
  • la possibilitĂ© de sĂ©lectionner le point d'autofocus avec un joystick (💓).

Les moins

  • la durĂ©e de vie des batteries. Si vous mitraillez, la batterie peut vite se vider. Je pars toujours avec plusieurs batteries pour ne pas ĂȘtre frustrĂ©.
  • un interrupteur qui a tendance Ă  s'allumer facilement si on ne prĂȘte pas attention. Ca m'est arrivĂ© Ă  quelques reprises en le rangeant dans mon sac. Alors si la batterie n'est dĂ©jĂ  pas terrible...ça ne fait que renforcer le problĂšme.
  • un appareil trĂšs moyen pour la vidĂ©o en 4K. Je n'ai pas fait de tests mais il semble que l'appareil chauffe aprĂšs 10 minutes seulement...

Pour terminer ce premier billet, j'aimerais préciser que je n'ai pas utilisé mon appareil dans toutes les conditions. Je pense notamment à la photo de sports ou de nature qui nécessite des téléobjectifs et des captures priorité à la vitesse dont je sais que ce n'est pas le fort des cameras mirrorless.

Films, séries et livres: ma sélection 2017

Les films Ă  voir

zero-days-documentary.jpg
  • 💗 Zero days. Un documentaire qui raconte l’histoire du virus Stuxnet. Ou comment un malware cachait en rĂ©alitĂ© une arme pour stopper le programme nuclĂ©aire iranien. Et comment nous sommes passĂ©s prĂšs de la catastrophe. A voir absolument.
  • Dunkerque. Probablement le meilleur film de l’annĂ©e, mais ce ne fut pas un coup de coeur. RĂ©alisation impeccable, jeu subtile sur trois timelines diffĂ©rentes mĂȘlĂ©es les unes aux autres. ScĂ©nario peut-ĂȘtre un peu faible.
  • Wonder woman. Je n’aime pas les films de superhĂ©ros. Il y en a tellement que je m’en suis lassĂ©. Cela Ă©tant, ce film Ă©tait rafraichissant voire mĂȘme parfois amusant. Pas le film de l’annĂ©e pour autant.
  • Le sens de la fĂȘte. Bon film français humoristique avec Bacri. Certaines blagues sont un peu tĂ©lĂ©phonĂ©es, mais on passe un bon moment.
  • What the Health. Documentaire un peu flippant sur la nutrition telle qu’elle est vĂ©cue aux Etats-Unis. Le film donne l’impression que quoi que l’on mange, on s’empoisonne. C’est en particulier le cas de la viande (rouge, blanche et poisson) mais Ă©galement des produits laitiers. Du coup, parti pris pour une diĂšte plus vĂ©gĂ©tarienne, voire vegan. A replacer dans le contexte d’un rĂ©gime standard amĂ©ricain. Le film dĂ©montre aussi comment l’industrie agroalimentaire finance des Ă©tudes mĂ©dicales pour qu’elles aillent dans leurs sens.

Non notés

  • On sait qu’on atteint le fond quand Fast & Furious devient une franchise majeure d’Hollywood. J’ai malgrĂ© tout un affection pour ces films car ils Ă©chappent Ă  la logique superhĂ©ros, cross-over etc. qui semblent devenir la nouvelle norme. On le voit avec les Avengers (Captain America, Iron Man, Hulk, Thor
), Starwars (Ep. VII, VIII, Rogue One), La Momie (Dr. Jekyl). Etonnamment, et un peu Ă  la maniĂšre d’un James Bond, on aime retrouver les principaux hĂ©ros.
  • Blade Runner 2049. Je ne le note pas car je n’ai pas aimĂ© le film mais je lui reconnais quelques qualitĂ©s: une rĂ©alisation impeccable, une esthĂ©tique intĂ©ressante et un respect du prĂ©cĂ©dent Ă©pisode.

Les films Ă  Ă©viter

  • Alien Convenant. Le film raconte l’origine des Aliens. Egalement la suite du film Prometheus. Un film qui se veut une rĂ©flexion sur la crĂ©ation, ou comment l’IA ne pourra jamais surpasser l’homme (ou pas).
  • GeoStorm. Dommage, ce film de science-fiction avait du potentiel mais plus on avance dans le film, plus on dĂ©croche tellement c’est improbable. Alors que les catastrophes naturelles sont toujours plus violentes et frĂ©quentes, une Ă©quipe parvient Ă  crĂ©er un dispositif pour les neutraliser depuis l’espace. Jusqu’à ce que ce dispositif commence Ă  disfonctionner

  • Baby Driver. Je ne suis pas entrĂ© dans le film. Il raconte l’histoire d’un jeune conducteur surdouĂ© mĂȘlĂ© Ă  des braquages de banques.
  • John Wick chapter 2. J’avais bien aimĂ© le premier Ă©pisode. Je n’ai pas aimĂ© le second. Il tombe dans le piĂšge de la surenchĂšre.
  • Transformers the last Knight. PitiĂ©.
  • Carbone. Dommage, le scenario promettait un polar Ă  la française intĂ©ressant, mĂȘlant dĂ©veloppement durable, rĂ©gulation europĂ©enne et escroquerie. Malheureusement, la rĂ©alisation laisse Ă  dĂ©sirer. Au final, Magimel passe 50% du temps Ă  fumer ou boire de l’alcool fort dans une attitude de type, la vie ne m’a pas Ă©pargnĂ©.

Les sĂ©ries Ă  voir

designated-survivor.jpeg
  • Designated Survivor. En particulier la saison 1. AprĂšs un attentat dĂ©vastateur, les Etats-Unis se retrouvent sans pouvoir exĂ©cutif. Le “survivant dĂ©signĂ©â€ - individu en charge de prendre le relais en cas de catastrophe - se retrouve Ă  la tĂȘte du pays tout en gĂ©rant une menace fantĂŽme. Saison 1 haletante, la saison 2 moins bonne (mais en cours de diffusion quand j’écris ces lignes).
  • 💗 Game of thrones, saison 7. Plusieurs choses Ă  dire Ă  ce sujet. Bon, Ă©videmment, toujours autant de plaisir Ă  retrouver cette sĂ©rie annĂ©e aprĂšs annĂ©e. Cela Ă©tant, on remarque un changement de style notable. Le rythme est plus rapide et la logique de la sĂ©rie change lĂ©gĂšrement. LĂ  oĂč prĂ©cĂ©demment, certains hĂ©ros seraient morts, ils survivent dĂ©sormais comme par miracle. De la mĂȘme maniĂšre, les Ă©vĂ©nements deviennent prĂ©visibles ce qui n’était pas le cas auparavant.
  • House of cards, saison 5. J’ai bien aimĂ© cette saison, surtout la fin qui annonçait une saison 6 mouvementĂ©e. Les rĂ©cents Ă©vĂ©nements ont chamboulĂ© les plans de Netflix et signent probablement la fin de cette sĂ©rie. Dommage.

Les sĂ©ries Ă  Ă©viter

Les livres Ă  lire

good-bye-things.jpeg
  • 💗 Goodbye Things. J’ai adorĂ© ce petit livre faisant l’apologie du minimalisme. L’auteur est un peu extrĂȘme et a rĂ©duit ses possessions au strict minimum. Cela Ă©tant, ses rĂ©flexions sont intĂ©ressantes et vont Ă  contre courant de notre sociĂ©tĂ©. Un livre dans la veine de l’Art du rangement de Marie Kondo, mais agrĂ©mentĂ© en plus d’une vraie critique de la sociĂ©tĂ© de consommation. Un coup de coeur.
  • 💗 L’art de la victoire. Ecrit par Phil Knight lui-mĂȘme, ce livre raconte la fondation de Nike. J’ai adorĂ© ce bouquin Ă  plusieurs titres. J’y ai appris de nombreux Ă©lĂ©ments que j’ignorais sur la marque, mais c’est aussi un tĂ©moignage saisissant sur la dĂ©mocratisation du sport, en particulier de la course Ă  pieds. C’est aujourd’hui une Ă©vidence mais les pratiques sportives Ă©taient loin d’ĂȘtre Ă©videntes il y a Ă  peine 50 ans. Enfin, c’est une bible pour toute personne qui souhaite devenir un entrepreneur, car 20 ans furent nĂ©cessaires pour faire de Nike un Ă©quipementier de rang mondial. Cerise sur le gĂąteau, le livre est trĂšs bien Ă©crit et se dĂ©vore en quelques jours. Une trĂšs bonne surprise.
  • 💗 L’art de l’excellence. Tout jeune devrait lire ce livre. Mon rĂ©sumĂ© est disponible en ligne.
  • Tribus. Comment construire une communautĂ©, expliquĂ© par Seth Godin.
  • La Compagnie, le grand roman de la CIA. Un pavĂ© qui date de plusieurs annĂ©es et qui retrace les grands Ă©pisodes de la Guerre Froide. Un classique du roman d’espionnage.
  • Ecriture: mĂ©moires d’un mĂ©tier. Un incontournable pour tous ceux et toutes celles qui s’adonnent Ă  l’écriture.
  • Ultra Marathon Man. Pour tous ceux et toutes celles qui aiment la course Ă  pieds et les Ă©preuves d’endurance.
  • Ready Player One. Livre que j’ai bien aimĂ© mais que je ne conseillerai pas Ă  tout le monde car trĂšs ancrĂ© dans la culture geek. Ready Player One nous plonge dans un futur proche dominĂ© par la rĂ©alitĂ© virtuelle. Un riche inventeur lance une chasse au trĂ©sor pour rĂ©cupĂ©rer son hĂ©ritage.
  • 💗 Le syndrome du bien-ĂȘtre. RĂ©flexions intĂ©ressantes autour du diktat du bien-ĂȘtre. Manger 5 fruits et lĂ©gumes, bouger 30 minutes par jour au minimum, etc. En filigrane, une critique acerbe du nĂ©o-libĂ©ralisme qui encourage l’individu Ă  repousser ses limites pour ĂȘtre toujours plus performant.
  • Boomerang. Un Ă©conomiste voyage dans cinq pays pour se rendre compte des dĂ©gĂąts de la crise des subprimes. Analyses intĂ©ressantes mais certaines gĂ©nĂ©ralisations laissent parfois Ă  dĂ©sirer.

J’ai moins aimĂ©

  • La disparition de Josef Mengele. Sujet intĂ©ressant — la fuite des Nazis en AmĂ©rique du Sud — mais trĂšs lourd et ça se sent dans chaque page. Pas une lecture lĂ©gĂšre.
  • Tools of Titans. Je ne l’ai pas terminĂ©. Collections de trucs et astuces censĂ©es vous garantir la rĂ©ussite. Manque de fond.
  • Origin. Le dernier Dan Brown oppose Ă  nouveau les nouvelles technologies Ă  la religion, une problĂ©matique dĂ©jĂ  traitĂ©e dans Anges et DĂ©mons. Dans cet Ă©pisode, l’action se dĂ©roule en Espagne et joue habilement sur une menace fantĂŽme tout en surfant sur les grands symboles de la culture mondiale. J’ai moins aimĂ© qu’Anges et DĂ©mons, mais je reconnais que la vision prĂ©sentĂ©e des nouvelles technologies est assez prĂ©cise.

Sapiens, une brĂšve histoire de l’humanitĂ©

Livre magistral qui dĂ©crit sur le temps long le parcours de l’Homo Sapiens, de ses origines Ă  nos jours.

Ce qui m’a plu dans ce livre, c’est que l‘auteur fait une analyse sans concession de notre espĂšce. Non seulement de notre place dans l’écosystĂšme — nous sommes parvenus Ă  dominer toutes les autres espĂšces Ă  leur dĂ©triment — mais aussi entre Homo Sapiens — l’homme est un loup pour l’homme comme disait si bien Hobbes.

Tout commence il y a des milliers d’annĂ©es, lorsque l’homme n’est encore qu’un chasseur-cueilleur. A cette Ă©poque, il est menacĂ© par son environnement et n’a pas les outils nĂ©cessaires pour affronter la faune sauvage. L’auteur le dit lui-mĂȘme, l’homme mange souvent les restes que les vautours et les prĂ©dateurs ont laissĂ© sur les carcasses. Cet Ă©tat de fait dure plusieurs siĂšcles avant qu’enfin l’homme s’extraie de son Ă©tat par ses facultĂ©s sociales et intellectuelles.

L’auteur explique en effet que l’ĂȘtre humain est le seul Ă  imaginer des mythes communs auxquels tous adhĂšrent et qui lient les uns aux autres. Ce sont ces capacitĂ©s sociales d’une part et intellectuelles d’autre part qui vont faire la diffĂ©rence par rapport aux autres espĂšces.

Le secret rĂ©side probablement dans l’apparition de la fiction. De grands nombres d’inconnus peuvent coopĂ©rer avec succĂšs en croyant Ă  des mythes communs.

C’est parce qu’il y a ce ordre imaginaire commun que les humains coopĂšrent et ont façonnĂ© le monde tel qu’on le connaĂźt aujourd’hui. Trois facteurs fondamentaux vont alors intensifier ce processus d’unification:

  • l’argent;
  • la religion;
  • les empires.

PremiĂšrement, l’argent permet de crĂ©er de la confiance entre un acheteur et un vendeur qu’ils soient de religions, langues ou cultures diffĂ©rentes. Dans ce cadre, le commerce a intensifiĂ© les relations entre des ensembles de natures trĂšs diffĂ©rentes et a donc permis la diffusion des idĂ©es. DeuxiĂšmement, les empires ont permis malgrĂ© tous leurs dĂ©fauts d’unifier des espaces vastes tout en prĂ©servant certaines particularitĂ©s locales. L’empire romain est un bon exemple, puisque les institutions romaines ont Ă©tĂ© introduites dans les rĂ©gions conquises alors que les peuples soumis Ă©taient libres de croire aux dieux qu’ils souhaitaient. Enfin, les religions unifient des peuples autour de croyances communes au delĂ  des frontiĂšres.

L’auteur postule donc que le mouvement de l’histoire tend vers l’unification de l’humanitĂ©.

bien plus qu’ils ne sont gĂ©nĂ©ralement prĂȘts Ă  le reconnaĂźtre, tous les ĂȘtres humains sont europĂ©ens dans leur habillement, leurs pensĂ©es et leurs goĂ»ts. Ils peuvent bien ĂȘtre farouchement anti-europĂ©ens dans leur rhĂ©torique, presque toute la planĂšte voit la politique, la mĂ©decine, la guerre et l’économie par les yeux des EuropĂ©ens, et Ă©coute de la musique Ă©crite sur des modes europĂ©ens avec des paroles en langues europĂ©ennes.

Et c’est devenu tellement que le cas que les pays sont devenus interdĂ©pendants.

La plupart des pays ne lancent plus de guerre de grande ampleur pour la simple raison qu’ils ne sont plus indĂ©pendants. Bien que les citoyens d’IsraĂ«l, de l’Italie, du Mexique ou de la ThaĂŻlande puissent nourrir des illusions d’indĂ©pendance, le fait est que leurs gouvernements ne sauraient conduire des politiques Ă©conomiques ou Ă©trangĂšres indĂ©pendantes, et sont certainement incapables de lancer et de mener de leur propre chef une guerre de grande ampleur. Nous assistons Ă  la formation d’un empire mondial (voir le chapitre 11). Comme les prĂ©cĂ©dents empires, celui-ci impose la paix Ă  l’intĂ©rieur de ses frontiĂšres. Et comme celles-ci enferment la Terre entiĂšre, l’empire mondial fait effectivement rĂ©gner la paix mondiale.

Tout ne s’est pas fait sans douleur. Le communisme par exemple a uni de nombreux hommes autour d’une mĂȘme pensĂ©e mais a aussi entrainĂ© beaucoup de souffrances. Le capitalisme aussi. Sommes-nous donc plus heureux que notre ancĂȘtre le chasseur-cueilleur. La question est posĂ©e par l’auteur mais pas rĂ©pondue car la discipline historique s’est peu intĂ©ressĂ©e Ă  cette mĂ©trique.

Enfin, l’auteur termine en tentant d’imaginer ce que sera l’homme du futur.

AssurĂ©ment, le livre ne prĂ©tend pas ĂȘtre exhaustif. Ce serait de toute maniĂšre difficile de le faire en un seul ouvrage mais rĂ©ussit le tour de force de mettre de la perspective sur ce que nous sommes.