La Disruption Macron

Ce qu’on observe sur la scène politique française depuis dimanche dernier a un nom, ça s’appelle une disruption. Nous avons déjà de nombreux exemples connus qui nous aident à mieux comprendre ces phénomènes.

Prenons l’iPhone d’Apple. A l’époque, ce smartphone est si nouveau qu’il ringardise toute la concurrence. C’est si violent et brutal que cette dernière n’a pas le temps de s’adapter. Nokia en fera la douloureuse expérience tandis que les autres se tourneront vers Android pour sauver les meubles. Quelques années plus tard, Uber lance une application qui révolutionne la mobilité au point de mettre à mal la profession de taximan. Et la liste ne s’arrête pas là. Dyson réinvente l’aspirateur, Nespresso tue le marché du café tandis que Buzzfeed se démarque des médias traditionnels.

Dans la plupart de ces cas, l’objectif reste identique, mais la méthode est complètement repensée pour être plus efficace. Ce qui caractérise une disruption, c’est l’obsolescence brutale de l’ancienne offre. Du jour au lendemain, la demande se détourne des anciens acteurs au profit des nouveaux. C’est ce qui frappe aujourd’hui Manuel Valls et tous les anciens députés qui n’ont pas rejoint le mouvement « République En Marche ».

En général, les disrupteurs bénéficient de deux avantages. Ils n’ont pas d’héritage ce qui leur permet d’avoir plus de marges de manoeuvre. Ainsi, avoir trente de carrière politique en France est désormais devenu un handicap alors que c’était auparavant un avantage. Les disrupteurs tirent aussi parti du « first move advantage ». En étant les premiers à réimaginer leur activité, ils prennent de vitesse la concurrence qui est alors forcée et contrainte de suivre sur un terrain qu’ils n’ont pas choisi. Proposer la parité et le renouvellement de la classe politique est une habile manoeuvre de « la république en marche » parce qu’ils savent que les partis traditionnels ne pourront pas proposer une offre comparable dans l’immédiat.