đŸ˜” Crise de l'attention

Le contexte actuel est marquĂ© par deux dynamiques: la crise de l’attention et la sociĂ©tĂ© de l’image. Nous sommes bombardĂ©s de signaux du matin au soir sans interruption. Notifications sur smartphone, emails, appels, pub dans le tram, messagerie directe


Historiquement, les mĂ©dias avaient le monopole de la diffusion. Journaux, radios et TV se partageaient les audiences Ă  divers moments de la journĂ©e. Ils Ă©taient par ailleurs limitĂ©s Ă  un territoire prĂ©cis, parfois linguistique. Avec l’émergence du web 2.0, ce monopole a non seulement explosĂ© mais les frontiĂšres linguistiques et territoriales se sont effondrĂ©es. Nous pouvons dĂ©sormais ĂȘtre exposĂ© Ă  un article d’un mĂ©dia traditionnel, d’un influenceur ou encore d’un bloggueur sans hiĂ©rarchie particuliĂšre. Chacun est mis au mĂȘme niveau.

Cette explosion du nombre de contenus a eu un effet collatĂ©ral, l’attention du public est devenue rare. Ou, pour le dire en d’autres termes et citer James Cleick: “When information is cheap, attention become expensive”.

Il y a deux points de vue pour envisager cette problĂ©matique. Celui de l’internaute qui doit faire un effort plus grand de tri et celui des Ă©metteurs qui ont plus de peine Ă  se faire entendre. Pour l’internaute, il y a une limite au-delĂ  de laquelle il n’est plus possible d’ingĂ©rer de nouvelles informations. Tout simplement parce que ce n’est humainement pas possible ou par dĂ©faut de temps. Pour les Ă©metteurs en revanche, il y a la tentation d’en faire davantage. Augmenter le nombre de messages, de canaux, initiatives, etc. Ce qui en rĂ©alitĂ© ne fait qu’amplifier le problĂšme


La derniĂšre campagne de Nike est Ă  ce titre intĂ©ressante. Ils sont dĂ©jĂ  au coup d’aprĂšs. Il n’est plus question d’ “attirer l’attention” mais de la contrĂŽler. Pour ce faire, ils ont pris parti pour une position politique soutenue par l’un de leur athlĂšte Colin Kaepernick qui s’est fait connaĂźtre en s’agenouillant pendant l’hymne national.

La campagne a clivĂ© deux camps opposĂ©s et a monopolisé  l’attention. RĂ©sultat: des augmentations de vente Ă  31 %.