Estonia, the Digital republic

Quand on parle de digital, deux modèles viennent souvent à l'esprit. Celui de l'Occident, ouvert et dominé par les grands groupes privés comme Google, Amazon, Facebook et consort, et de l'autre le modèle chinois, verrouillé et sous contrôle serré de l'Etat. Il y a pourtant un troisième modèle qui fait l'objet d'un article passionnant du New-Yorker, celui de l'Estonie.

C'est une troisième voie intéressante où l'Etat a une place centrale tout en restant ouvert. L'idée est de faciliter la vie des habitants dans leurs démarches quotidiennes. Par exemple, en créant un dossier médical entièrement numérique transmissible selon les spécialistes que vous consultez avec tout votre historique médical. Maintenant, imaginez ce principe, mais à une échelle plus large. Votre parcours scolaire est conservé dans un dossier ad-hoc, avec vos revenus, les impôts que vous payez, etc.. Lorsque vous allez dans une banque pour demander un prêt, cette dernière peut accéder à votre "profil" avec votre accord. Bref, c'est un gain de temps en termes d'administration qui profite non seulement à l'Etat (moins de personnel) mais aussi aux entreprises qui interagissent avec le système.

A titre personnel, j'ai adoré le concept d'ambassade de données. Pour l'Estonie, la Russie demeure une menace lancinante. En cas d’agression numérique, l'Estonie dispose d'une "ambassade de données" au Luxembourg contenant une copie complète en cas de blackout.