Tech

📱 iOS 12 - Screen Time : bilan après un mois d'utilisation

Très mitigé, le bilan.
Je l’ai configuré sitôt mis à jour. Objectif: réduire drastiquement ma consommation digitale sur smartphone, avec un accent particulier pour Instagram.

Après un mois, je dois dire que le contrat n’est pas vraiment rempli. Oui, le système vous bloque, ou devrais-je plutôt dire, vous avertit que vous avez atteint votre limite quotidienne, mais dans les faits, vous contournez le blocage. Résultat, non seulement vous ne baissez pas votre consommation, mais vous culpabilisez de n’avoir aucune volonté. Bref, il n’y a pas de miracles, pour limiter le temps d’écran, il faut se contre-conditionner.



💌 3 newsletters "Tech" pour se tenir informé

  1. Morning Reader.
    Une newsletter quotidienne sous forme de liste. Y sont répertoriés les 10 sujets les plus tweetés sur le digital en général. Existe aussi sous forme d’App (mais je préfère la version email).

  2. Dense Discovery.
    Une newsletter hebdomadaire développée en parallèle de l’excellent magazine Offscreen. Un mix de liens éclectiques (gadgets, long reads, métiers, équilibre etc.) finement sélectionnés.

  3. Char.gd
    Autre newsletter hebdomadaire, davantage centrée sur l’industrie, agrémentée en général d’une analyse de l’auteur sur LE sujet du moment.

Et vous, à quelles newsletters êtes-vous abonné-e-s?

Apple Event - 30 octobre 2018

Beaucoup d’annonces qu’on pensait limitées aux iPads à l’origine mais qui ont également concerné la ligne MAC, avec des nouveaux Macbook Air et Mac Mini.

Macbook Air

Je dois dire qu’attendre 2018 pour avoir des Macbook Air Retina display - LA grande nouveauté de cette nouvelle mouture - est une honte. Il était plus que temps…pour une amélioration que je juge “mineure”. Le Retina Display est de nos jours standard. Pour le coup, Apple avait clairement innové sur la ligne Macbook Pro en introduisant cette option en 2012, mais était à la traîne sur la ligne Macbook Air. On ne comprend que trop bien la logique économique: si vous vouliez des écrans Retina, il fallait y mettre le prix et choisir la gamme Pro…

Mac Mini

Pas grand chose à dire sur les Mac Mini, mais une petite fonctionnalité traitée assez rapidement a retenu toute mon attention: la possibilité de connecter plusieurs Mac Mini et les relier les uns aux autres pour décupler les performances. Je suis assez curieux de savoir comment tout cela prend forme, notamment via quelle connectique?

iPad Pro

Côté iPad, je ne m’attendais pas à grand chose mais ai été conquis. Le nouveau design est très réussi à l’exception de la caméra qui ne permet pas d’avoir une surface plane. C’est une erreur à mon avis si l’on veut dessiner dessus… Certains se plaignent du manque de port Jack pour connecter un casque, ça ne me paraît plus aussi indispensable de nos jours. En revanche, tout le monde s’accorde à dire que le nouveau crayon, qu’on recharge en mode wireless, via les aimants latéraux est une très belle réussite, sans parler des boutons incorporés. Reste que les prix demeurent très élevés et vont probablement cannibaliser l’entrée de gamme des laptops. Mon petit doigt me dit qu’ils veulent pousser le public à choisir un iPad plutôt qu’un laptop. Les Apps sont plus lucratives sur iOS que MacOS…



💩 Deux problèmes que les constructeurs n'ont pas réglés

  1. Les laptops sont devenus plus fins et plus légers tout en étant plus puissants. Pourtant, il faut toujours emporter avec soi des câbles d’alimentation voire des connecteurs qui occupent un espace conséquent et pèsent un certain poids…

  2. Transférer des photos d’une caméra vers un ordinateur reste et demeure compliqué. Un début de réponse a été trouvé grâce au bluetooth vers les smartphones, mais lorsqu’il s’agit de laptops ou ordinateurs fixes, nous en sommes toujours à devoir décharger les photos via un lecteur de carte.

La question se pose en particulier en voyage, lorsque l’on fait ses valises et qu’on essaie d’emporter le strict minimum. Sur les réseaux, on parle souvent de kit. Entre la GoPro, l’appareil photo, le smartphone, le laptop, les chargeurs et les divers connecteurs, on s’en sort difficilement en mode minimaliste… ce qui est assez contradictoire avec la vision que les constructeurs essaient de nous vendre, une vie de nomades à l’aise en tout lieu.

🍏 L'écosystème Apple 2

Dans un Ă©cosystème qui tend Ă  se complexifier, la simplicitĂ© Ă  l'usage est un argument clĂ©, car dĂ©sormais ce n'est pas un appareil qu'il faut maĂ®triser, mais plusieurs. Chacun avec ses contraintes et particularitĂ©s. C'est lĂ  que Siri devient un Ă©lĂ©ment central du dispositif. Siri parvient Ă  lier diffĂ©rents appareils ensemble, malgrĂ© plusieurs OS diffĂ©rents, grâce Ă  son interface vocale.

PrĂ©sent sur chaque plateforme, Siri vous permet de faire des requĂŞtes qui interagissent avec vos Apps. Apple lancera cet automne une nouvelle application "shortcut" qui permettra d'aller plus loin en liant des actions Ă  des mots-clĂ©s sur Siri. Une solution qui permettra d'automatiser des tâches rĂ©pĂ©titives sans passer par un clavier. 

J'utilise par exemple Siri via mon Apple Watch pour ajouter des "Rappels". Je n'ai plus besoin de sortir mon iPhone ou d'allumer mon ordinateur. Il me suffit de lancer Siri et dicter ce que j'aimerais qu'il retienne. Le rappel se retrouvera ensuite sur chacune des plateformes.

🍏 L'écosystème Apple

Au tour d'Apple de tenir cette semaine sa conférence annuelle. Je l'ai regardée de bout en bout avec intérêt. Premier fait marquant qu'on peut retenir, aucune nouveauté matérielle n'a été annoncée, ce qui m'a contrarié parce que je souhaitais renouveler mon MacBook Air. La présentation s'est donc concentrée sur les quatre systèmes d'exploitation de la marque, dans le désordre: iOS, Watch OS, tvOS et enfin Mac OS.

Je ne vais pas entrer dans les détails, disons simplement que iOS et Mac OS ont été au centre de l'attention, les nouveautés Watch OS et tvOS étaient de leur côté plus anecdotiques.

Parmi donc ces nouveautés, je retiens en particulier la nouvelle application Screen Time centrée autour du temps passé sur l'iPhone. Elle permet de mieux contrôler sa consommation en se rendant compte du temps passé sur son smartphone avec le détail par application. J'applaudis des deux mains, cette fonctionnalité faisait cruellement défaut bien que des solutions tierces existent.

Du côté de Mac OS, il sera prochainement possible de porter les applications iOS sur Mac OS, ou en d'autres termes, du mobile aux ordinateurs fixes. D'après Apple, l'opération n'est pas très compliquée pour les développeurs et promet donc une meilleures interopérabilité entre smartphones et ordinateurs. C'est assez bien joué car ça encourage les développeurs à créer des Apps pour l'écosystème Apple.

Et c'est justement ce dont il a été question tout au long de la conférence, comme un fil rouge invisible. Apple nous a présenté tout un écosystème, allant du mobile, aux ordinateurs en passant par les montres connectées et le salon. Cet écosystème devient un avantage comparatif majeur face aux concurrents, car si l'on regarde de prêt, aucun d'entre eux ne parvient à les concurrencer sur tous les fronts. Microsoft n'est pas à la hauteur sur la question du mobile et des wearables devices (montres connectées p.ex) tandis que Google est faible sur les ordinateurs fixes. Linux de son côté reste un produit de niche et donc pas très grand public. La recrudescence des appareils tendent aussi à orienter les consommateurs vers une seule solution. Diversifier les marques est la garantie de problèmes de comptabilité ce qui en 2018 est intolérable d'un point de vue utilisateur. Année après année donc, Apple ajoute des couches qui consolide cet écosystème, car une personne qui achète un iPhone sera encouragé à acheter d'autres produits. Mais ça veut aussi dire que cette personne devient de plus en plus prisonnière de la même marque.

đź’Ś Offscreen mag - le coup de coeur de ce mois d'avril

Je les ai commandés à l'aveugle courant mars ne sachant pas trop à quoi m'attendre et ai commencé la lecture au début de ce mois. Et quelle bonne surprise! Je ne m'attendais pas à ça. C'est la première fois que je lis chaque page d'un magazine, publicités comprises.

offscreen-mag-cover.jpg

Publié trois fois par an, Offscreen mag explore le côté humain des nouvelles technologies. Chaque numéro est constitué de rencontres avec les professionnels du milieu, qu'ils soient designers, codeurs, etc. Les interviews sont particulièrement intéressants et enrichissants, mais on y découvre également des projets, des essais et des gadgets.

offscreen-mag-contenu.jpg

Indie Mag

Offscreen Mag fait partie d'une nouvelle tendance de magazines lancée autour des années 2010, connue sous le nom d'Indie mag pour "independant magazine". Prenant le parti de publier lentement (quelques numéros par an), ces publications peuvent être assez longues (plus de 80 pages pour Offscreen) et de qualité supérieure avec un travail notable sur le design et le papier choisi. Selon Vanity Fair, les Indie Mag sont des contre-modèles aux contenus web, dont l'explosion ces dernières années a fatigué le lecteur.

Vers un monde AI first

Après le mobile, l’intelligence artificielle devrait attiser toutes les convoitises. Plusieurs grands constructeurs sont déjà au travail parmi lesquels on retrouve Google, Amazon et Microsoft.

Pour le moment, l’intelligence artificielle prend deux formes:

  • les bots
     plusieurs messageries privĂ©es proposent des bots censĂ©s vous faciliter la vie. Commander un taxi, une pizza, rĂ©server une place, etc. C’est une formule qui est privilĂ©giĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux.
  • l’assistance vocale les grands fabricants du secteur ont tous leur propre solution:Amazon Alexa, Microsot Cortana, Apple Siri, Google Assistant, etc. Actuellement, Amazon Alexa remporte clairement la mise et bĂ©nĂ©ficie dĂ©jĂ  d’une plateforme assez riche de services compatibles.

Nous verrons qui remportera la mise mais nous pouvons déjà anticiper plusieurs bouleversements:

  • L’écran ne sera plus l’interface privilĂ©giĂ©e. Comme je l’ai dĂ©jĂ  expliquĂ©, Alexa d’Amazon fonctionne entièrement par la voix. C’est une rĂ©volution dans le monde informatique.
  • Frictionless sera le mot clĂ© de ces prochaines annĂ©es. Faire des opĂ©rations sur le web avec le moins de frictions possibles deviendra un leitmotiv. L’AI le rendra possible.
  • Internet sera prĂ©sent dans toutes les pièces de votre appartement via des bornes connectĂ©es. Elles permettront de lancer des assistants sans devoir allumer un ordinateur, ce qui vous libĂ©rera de vos appareils. On parle d’Ambient Computing.
  • Cette Ă©volution n’est pas une bonne nouvelle pour les annonceurs puisqu’elle va entraĂ®ner une chute progressive des consultations d’un site via des navigateurs web. Donc d’une baisse de revenus liĂ©s Ă  la publicitĂ©, etc.
  • Les tĂ©lĂ©phones fixes disparaĂ®tront dĂ©finitivement. Les appels se feront en ligne via des services comme Skype et autres depuis ces bornes.
  • De nombreux mĂ©tiers vont Ă©voluer, certains disparaĂ®tre d’autres au contraire seront crĂ©Ă©s.

A termes, l’intelligence artificielle sera capable d’anticiper vos besoins avant mĂŞme que vous ne les rĂ©clamiez. Pour cela, les grands constructeurs doivent amasser des tonnes de donnĂ©es personnelles pour mieux vous comprendre ce qui pose inĂ©vitablement des questions de confidentialitĂ©. Lors de sa dernière confĂ©rence en mai 2017, Google a annoncĂ© que l’intelligence artificielle Ă©tait devenue une prioritĂ© pour l’entreprise. C’est que dans le mĂŞme temps, le mobile est arrivĂ© Ă  maturitĂ© et rares seront les amĂ©liorations dans ce domaine. Il faut donc investiguer de nouveaux territoires. Or, l’intelligence artificielle a un Ă©norme potentiel. D’oĂą le pivot empruntĂ© par Google, suivi de ses concurrents.

Nous quittons donc un monde dominé par le mobile (Mobile first) pour rejoindre un monde orienté intelligence artificielle (AI first).

La Disruption Macron

Ce qu’on observe sur la scène politique française depuis dimanche dernier a un nom, ça s’appelle une disruption. Nous avons déjà de nombreux exemples connus qui nous aident à mieux comprendre ces phénomènes.

Prenons l’iPhone d’Apple. A l’époque, ce smartphone est si nouveau qu’il ringardise toute la concurrence. C’est si violent et brutal que cette dernière n’a pas le temps de s’adapter. Nokia en fera la douloureuse expérience tandis que les autres se tourneront vers Android pour sauver les meubles. Quelques années plus tard, Uber lance une application qui révolutionne la mobilité au point de mettre à mal la profession de taximan. Et la liste ne s’arrête pas là. Dyson réinvente l’aspirateur, Nespresso tue le marché du café tandis que Buzzfeed se démarque des médias traditionnels.

Dans la plupart de ces cas, l’objectif reste identique, mais la mĂ©thode est complètement repensĂ©e pour ĂŞtre plus efficace. Ce qui caractĂ©rise une disruption, c’est l’obsolescence brutale de l’ancienne offre. Du jour au lendemain, la demande se dĂ©tourne des anciens acteurs au profit des nouveaux. C’est ce qui frappe aujourd’hui Manuel Valls et tous les anciens dĂ©putĂ©s qui n’ont pas rejoint le mouvement « RĂ©publique En Marche ».

En gĂ©nĂ©ral, les disrupteurs bĂ©nĂ©ficient de deux avantages. Ils n’ont pas d’hĂ©ritage ce qui leur permet d’avoir plus de marges de manoeuvre. Ainsi, avoir trente de carrière politique en France est dĂ©sormais devenu un handicap alors que c’était auparavant un avantage. Les disrupteurs tirent aussi parti du « first move advantage ». En Ă©tant les premiers Ă  rĂ©imaginer leur activitĂ©, ils prennent de vitesse la concurrence qui est alors forcĂ©e et contrainte de suivre sur un terrain qu’ils n’ont pas choisi. Proposer la paritĂ© et le renouvellement de la classe politique est une habile manoeuvre de « la rĂ©publique en marche » parce qu’ils savent que les partis traditionnels ne pourront pas proposer une offre comparable dans l’immĂ©diat.

Internet est mobile first

A une époque pas si lointaine, on parlait du mobile comme d’une dimension supplémentaire à ajouter sur son site web. C’était il y a à peine deux ou trois ans.

Il fallait prĂ©voir une version adaptĂ©e aux smartphones, en responsive design ou via une application mobile.

C’est que le web, tel qu’il a été originellement inventé, était conçu par et pour le desktop. Nous avons été conditionné à réfléchir ainsi: desktop first. Tout simplement parce que le mobile n’était pas prêt et que la technologie ne permettait pas de faire mieux. On se rappelle douloureusement des balbutiements de la navigation internet sur mobiles avec la technologie WAP.

En 2007 pourtant, arrive l’iPhone.

C’est le big bang. Depuis, le mobile n’est plus devenu une dimension supplémentaire, mais LA dimension principale. J’ai mis un moment à m’en rendre compte car je ne viens pas de ce monde-là. Je fais partie de ceux qui ont grandi avec des ordinateurs fixes voire des laptops. J’ai donc toujours analysé cette nouvelle dynamique sous ce prisme-là.

Pourtant, le mobile est aujourd’hui l’appareil principal pour chacun d’entre nous.

  1. On se réveille le matin, on checke ses mails.
  2. On écoute de la musique via son portable, soit avec des écouteurs, soit avec des enceintes connectées.
  3. On consulte son Facebook en attendant l’ascenseur, dans le métro ou en pleine séance au travail.
  4. On prend des photos avec son smartphone, qu’on partage instantanément avec son réseau.
  5. On téléphone ses amis, on leur écrit des messages sur Messenger ou Whatsapp.
  6. Bientôt, on payera avec son smartphone (si ce n’est pas déjà le cas).
  7. Etc.

Les caractéristiques des mobiles sont bien plus riches que les ordinateurs fixes:

  1. Les mobiles sont personnels.
  2. On les prend partout avec soi.
  3. Ils possèdent des capteurs.
  4. Ils permettent la géolocalisation.
  5. Ils permettent les payements dans les magasins.
  6. Ils sont faciles Ă  utiliser.

Si l’on en doute encore, les chiffres, eux, sont têtus. L’utilisation d’ordinateurs fixes ou portables chute.

smartphone-use-chart.png

 

Quelles leçons en tirer?

+ Le terme « mobile » est trompeur. Les internautes utilisent leurs smartphones et tablettes autant chez eux qu’en dĂ©placement. Par « mobile » il faut entendre un appareil qu’on peut utiliser tant au salon, qu’à la cuisine que dans l’avion. Par opposition Ă  un ordinateur fixe qui reste lui sur un bureau. Il s’agit donc des tablettes et des smartphones.

smartphone-use2.png

+ Le mobile génère une meilleure adhésion auprès du public féminin. Bien que moins marquées, les données démographiques sont similaires lorsque l’âge augmente.

smartphone-use4.jpg

+ Certaines entreprises misent tout sur le mobile. Pour Apple, l’iPhone est l’appareil qui lui rapporte le plus de toute sa ligne. Pour Google, Android est devenu une pièce maîtresse pour connecter tous les appareils électroniques au web.

+ Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas grandi avec des ordinateurs fixes. Ils ont appris à utiliser des iPods, des tablettes ou des smartphones. C’est pour eux la voie naturelle du digital. Il y a selon moi quatre générations:

 (1) Avant 1980: ceux qui n’ont pas grandi avec les ordinateurs.
 (2) 1980 Ă  2007: ceux qui ont grandi avec les ordinateurs.
 (3) 2007 Ă  ?: ceux qui ont grandi avec des appareils mobiles.
 (4) ? Ă  ?: ceux qui ont grandi avec toutes sortes d’appareils connectĂ©s (internet of things).

+ Plus qu’une dimension supplémentaire d’un site web, le mobile est devenu une dimension supplémentaire de l’être humain. Ces objets se mêlent si bien à notre quotidien, de manière si peu obstructive qu’ils en deviennent naturels. Qui remet en question son iPhone ou son Android? Ils nous accompagnent toute la journée, partout où l’on va. En cela, ils sont beaucoup plus efficaces qu’une ordinateur fixe.

+ Cette place n’étant plus contestée dans la société et largement adoptée dans le monde entier tant par les femmes que les hommes, la position du mobile ne cesse d’être renforcée. A l’avenir, cela sera le hub principal pour allumer la lumière dans une pièce, changer de chaîne sur notre TV, ou écouter de la musique dans sa voiture, etc.

+ On ré-imagine la création de contenu sous ce prisme.
 (1) Avant on Ă©crivait un email, aujourd’hui on envoie un « snap » (snapchat).
 (2) Avant on faisait un album sur Flickr, dĂ©sormais on poste une photo sur Instagram.
 (3) Avant on prenait son discman avec soi, dĂ©sormais on streame la musique.
 (4) etc.
 Plus simple, plus efficace, plus rapide, mais surtout: plus direct.

+ Les grands mĂ©dias en prennent acte et s’allient aux grands du web pour distribuer leurs contenus (lire notamment: l’émergence du distributed content). Il faut dĂ©sormais publier lĂ  oĂą l’audience se trouve sur les applications que les internautes utilisent.

+ Les Apps deviennent de plus en plus importantes. Certains applications phares d’aujourd’hui n’ont tout simplement pas de site internet… Snapchat par exemple. Parfois, le site internet est créé après l’application, ce fut le cas pour Instagram ou Vine. Le modèle traditionnel est inversé, l’application d’abord, le site ensuite.

+ Les applications ne reposent pas sur une logique de liens, ce qui fragilise la position des moteurs de recherche et navigateurs web.

+ Les fabricants se concentrent davantage sur les tablettes et les smartphones au détriment des laptops et ordinateurs fixes. Apple a abandonné sa ligne de MacBook Pro 17″.

+ Je ne crois pas en l’abandon du desktop. Ecrire un document, remplir des cellules dans Excel, coder, retoucher une image, tout cela est plus confortable sur un ordinateur fixe. Mais cela ne nécessite pas nécessairement une machine chez soi, cela peut être fait sur des servers distants, Google Docs, par exemple. La puissance n’est pas en local mais délocalisée.

+ Le prochain trend, c’est les objets connectés. Nous n’en sommes qu’au début, mais à terme, tout devrait interagir, façon matrice de la planète Pandora dans Avatar (no shit).

Google+ n’est pas un réseau social

MĂ J 30/09/2015: Google+ est dĂ©mantelĂ© en juillet 2015. L’annonce officielle de cet Ă©chec.

Google+ nous a Ă©tĂ© vendu comme un rĂ©seau social, un espace sur lequel on peut retrouver ses amis et partager ses expĂ©riences. Dès le dĂ©part, on l’a comparĂ© Ă  Facebook, rĂ©fĂ©rentiel Ă©talon dans le domaine des rĂ©seaux sociaux. Si Google+ permet en effet de faire les mĂŞmes choses que Facebook, il a Ă©galement permis de regrouper toutes les donnĂ©es que vous produisez sur les produits Google Ă  un seul endroit: votre profil Google+. C’est cet articledu Guardian qui m’a mis la puce Ă  l’oreille tant il remet en question notre approche de Google+. Le New-York Times a publiĂ© un article allant dans le mĂŞme sens.

Google collecte vos données

Google+ crĂ©Ă© une identitĂ© commune de ses membres, Ă  travers tous ses produits (Youtube, Gmail, Google Maps, etc.). MĂŞme les contenus que vous produisez en dehors de l’environnement Google sont dĂ©sormais Ă©galement regroupĂ©s sous votre identitĂ© grâce Ă  Google Authorship. Et ne vous y trompez pas, Google moissonne très bien vos donnĂ©es. C’est mĂŞme le coeur de leur mĂ©tier. Voyez plutĂ´t:

  • Il garde un historique de toutes vos recherches sur son produit phare Google Search. Cela signifie qu’il sait ce que vous avez cherchĂ©, quels sont vos intĂ©rĂŞts, vos frĂ©quences d’utilisation, depuis quel appareil et quel pays vous effectuez vos recherches, etc. Et pendant ce temps, Google Search ne cesse de s’amĂ©liorer (Lire notamment cet article du New-York Times).
  • Il sait quelles vidĂ©os vous avez visionnĂ©es, lesquelles vous avez aimĂ©es, celles que vous avez commentĂ©es. Merci Ă  Youtube.
  • Il sait quelles lieux vous avez cherchĂ©. Merci Ă  Google Maps.
  • Si vous utilisez un tĂ©lĂ©phone fonctionnant sous Android, il sait quand vous vous levez, quelles applications vous utilisez, dans quels lieux vous vous trouvez et mĂŞme quels messages vous envoyez Ă  vos amis. Il a accès Ă  votre carnet d’adresses (qu’il a peut-ĂŞtre dĂ©jĂ  grâce Ă  Gmail), etc. (Lire notamment cet article Ă©difiant du New-York Times)
  • Si vous utilisez Google Chrome, il sait quels sites vous frĂ©quentez, quelles extensions vous utilisez, quels sont vos mots de passe, etc.
  • Gmail sait quels sont vos contacts les plus rĂ©guliers, connaĂ®t votre carnet d’adresse, votre mĂ©tier, vos rĂ©servations, etc.
  • Etc, etc, etc.

Tout ces données sont réunies sous une identité: votre profil Google+.

Que fait Google de ces données?

Google vous affiche de la publicité ciblée (lire notamment cet article sur AdBlock). C’est connu depuis longue date et n’as pas échappé à la justice.

Mais depuis peu, Google vous sert une information personnalisée via un nouveau produit Google Now. Google Now a pour but d’anticiper votre besoin d’information pour vous la communiquer avant même que vous ne la cherchiez. Il va par exemple vous afficher vos rendez-vous, les trajets les plus courts pour vous y rendre, etc.

En voyage, j’ai pu tester ce nouveau service. Il m’affichait — sans avoir fait la moindre opération — l’heure de mon prochain vol quelques jours avant mon départ. Il avait repéré l’information dans mon Gmail, était capable de traduire l’information contenue dans le mail et me l’avait formaté: Genève — Pekin, 12 juillet départ 18h avec Air China. Plus récemment, je cherchais à m’acheter une veste dont je savais qu’elle était vendue dans un magasin spécialisé de haute montagne (Passe-Montagne). Avant de me déplacer, j’ai fait une recherche sur Google du magasin pour connaître les heures d’ouverture. Quelques heures plus tard, Google Now m’affichait le trajet pour me rendre au magasin.

Un âge de contexte

Dans son dernier livre, Robert Scoble annonce l’émergence d’un âge contextuel. L’idĂ©e est de vous dĂ©livrer l’information pertinente au bon moment.

Cinq forces contribuent à l’émergence de ce nouvel âge:

  • Le mobile. Le mobile est dĂ©jĂ  le principal appareil Ă©lectronique de la plupart des personnes. Cela a Ă©tĂ© rendu possible grâce Ă  la migration des donnĂ©es dans le cloud. Les mobiles permettent des utilisations selon le contexte dans lequel on se trouve, par exemple, Runkeeper quand je fais un jogging.
  • Les rĂ©seaux sociaux. ConnaĂ®tre ce que vous aimez est primordial pour ĂŞtre capable de vous dĂ©livrer l’information qui vous intĂ©ressera. Savoir que vous prĂ©fĂ©rez les pizzas plutĂ´t que les vermicelles est prĂ©cieux lorsqu’il s’agit de vous suggĂ©rer un nouveau restaurant.
  • Les capteurs. Les capteurs sont des petits objets connectĂ©s qui observent les changements et vous le rapportent, comme par exemple un thermomètre. Imaginez maintenant qu’une ville est dotĂ©e de capteurs de lumières et sait automatiquement quand il faut allumer les lampadaires ou que votre chauffage Ă  la maison s’allume automatiquement quand la tempĂ©rature passe en dessous de 20°. Un système intelligent sera en mesure de savoir que vous montez chaque week-end dans votre chalet de haute-montagne et qu’il faut par consĂ©quent allumer le chauffage quelques jours auparavant. (Exemples de produits connectĂ©s: Samsung Gear et Google Glass)
  • Les cartes. Les cartes digitales comme Google Maps sont le produits d’une masse de donnĂ©es incroyable. Il faut d’abord modĂ©liser une ville, ses rues et ses immeubles, renseigner les restaurants, magasins, etc. Il faut ensuite s’assurer de garder l’information Ă  jour. Enfin, il faut ĂŞtre capable de vous dĂ©livrer une information selon votre contexte. Si vous cherchez le mot “Thaï”, ĂŞtes-vous Ă  la recherche d’un restaurant ou d’un pays? Probablement d’un restaurant si vous faites votre recherche depuis New-York. (Lire notamment cet article du New-York Times)
  • Le Big Data. ĂŠtre capable de traiter des milliers d’informations pour chaque personne et finalement en extraire des tendances, est un enjeu majeur. Je reçois par exemple plus de 1000 mails par mois, mais Google est parvenu Ă  extraire l’information pertinente quelque jours avant mon dĂ©part en Chine, sans que je ne l’aide en aucune façon.

Google, on l’aura compris, est en bonne position pour vous offrir ce type de service Ă  grande Ă©chelle. Google est prĂ©sent dans le mobile grâce Ă  Android, est capable de scanner ce que vous aimez, ce que vous tweetez sur les rĂ©seaux sociaux, aura très prochainement des capteurs (Google Glass), possède sans doute l’un des meilleurs services au monde de cartes (Google Maps) et a une capacitĂ© Ă  traiter des donnĂ©es complexes Ă  large Ă©chelle grâce Ă  toute son infrastructure Google Search. Dans un post, Robert Scoble annonce d’ailleurs que Google travaillerait sur un Contextual Operating System. Google se focalise donc sur un domaine bien plus vaste, dont les rĂ©seaux sociaux ne sont qu’une partie.

La concurrence

Facebook également est capable d’avoir une grande quantité d’informations sur ses membres, mais à la différence de Google, Facebook n’est pas capable de savoir ce que vous avez cherché, n’a pas son propre OS mobile, etc. Il est donc peu probable que le réseau social puisse régater dans un avenir proche.

De son côté, Apple est très présent sur les mobiles, a une très bonne connaissance des usages grâce à toutes les applications qu’on peut trouver sur iTunes. En revanche, la firme est encore très en retard sur la cartographie et le web en général. iCloud est disponible depuis peu, mais l’entreprise n’a pas de réseau social ni de service web comme Google Search.

Microsoft enfin, semble être le plus en retard. Seul concurrent de Google dans le domaine du Search, Microsoft a un accord spécial avec Facebook mais n’a pas de réseau social propre. Ils sont devenus très liés à Nokia, entreprise pourtant en fort déclin. (Lire notamment cet édito de Paul Krugman)

On l’aura compris, Google est l’acteur le mieux armé pour vous offrir des données contextuelles pertinentes.

Les opportunités de Business

Connaître ses clients est devenu un enjeu crucial pour les entreprises. C’était un aspect plutôt négligé jusqu’à aujourd’hui mais qui est en train de radicalement transformer les méthodes de travail. Imaginer qu’une entreprise est capable d’anticiper vos besoins ou vos désirs. Vous réduisez d’autant les risques lors d’un lancement de produit.

Dans le monde du luxe, cette connaissance est devenue primordiale. On n’accueille pas de la même manière un client qui a déjà dix Rolex de celui qui n’en a pas encore. Il ne s’agit pas nécessairement de privilégier l’un plutôt que l’autre (bien que ce calcul peut être fait) mais bien d’adapter son accueil/son service en fonction du client.

De la même manière, savoir que mon rayon chocolats connaît des baisses de vente est déterminant pour une grande surface pour qu’elle puisse travailler sur l’attractivité, la présentation et même les offres qui peuvent être faites.

Des startups préparent déjà des pilules à avaler pour monitorer sa santé de l’intérieur.

Conclusion

En collectant des donnĂ©es tout azimut, Google a dĂ©veloppĂ© une connaissance si aiguĂ« de ses clients (on parle de millions de membres) qu’elle devrait ĂŞtre capable de revendre cette connaissance Ă  prix d’or. La concurrence devrait ĂŞtre cruellement absente, car personne n’est capable de proposer autant de donnĂ©es de sources diffĂ©rentes. Avoir son propre rĂ©seau social n’est donc plus aussi essentiel pour Google. Ce mouvement de fond lève cependant d’importantes questions de sĂ©curitĂ© et de respect de la vie privĂ©e. De nombreux cas de piratage sont arrivĂ©s (Buffer App est le dernier en date) alors mĂŞme que nous ne cessons de mettre toujours plus de donnĂ©es dans le cloud. Le cas d’Edward Snowden est un rappel saisissant (Lire notamment la rĂ©action de Viviane Reding) sur les atteintes Ă  notre vie privĂ©e.

Pourquoi la photographie s’est imposée dans le monde digital

La photo est devenue le moyen de communication privilégié du monde digital. Et cela tient de plusieurs facteurs.

Réduction des coûts

A l’époque, faire de la photo était coûteux. Il fallait être propriétaire d’un appareil onéreux, acheter des films, prendre des photos, les faire développer, etc. Tout cela n’était pas à la portée de tous et avait pour conséquence principale d’avoir une production limitée de photos. C’était même — et demeure toujours — un métier.

Aujourd’hui, l’environnement général a radicalement changé. Les appareils photos sont toujours aussi onéreux (quoique certains se contentent des smartphones) mais le coût de production des photos est désormais nul: plus de films ni de développements à payer. Conséquence: tout le monde prend des photos.

Mouvement de la société

La réduction des coûts de production a eu un effet logique: les gens se sont mis à prendre des photos, beaucoup de photos, si bien que le stockage de ces données pose désormais un problème de plus en plus épineux à régler dans chaque foyer. Comment fait-on pour conserver une trace de toutes les photos que nous prenons?

Au delĂ  de ces questions pratiques, la photo s’est imposĂ©e comme le langage naturel par excellence. PlutĂ´t que de raconter un Ă©vĂ©nement, je partage une photo.

De nombreuses applications tirent parti de cette nouvelle donne. On pense Ă©videmment Ă  Instagram qui s’est imposĂ© comme LE service de partage de photos d’une efficacitĂ© redoutable. Pour la petite histoire, Kodak employait Ă  l’époque 140'000 employĂ©s dans le monde, Instagram n’en emploie aujourd’hui que 13. Je pense toutefois que Snapchat prĂ©sente un cas encore plus frappant de cette dynamique.

Snapchat

J’ai mis du temps à comprendre l’intérêt de Snapchat. L’application se distingue pour deux éléments principaux: une interface ultra-minimale et l’éphémerité du contenu.

La distance (d’un point de vue expérience utilisateur) requise pour envoyer un message sur Twitter, Facebook, Whatsapp et autres application de messagerie est beaucoup trop longue. Il faut prendre son smartphone, le déverouiller, ouvrir l’application, créer un nouveau message, taper le message puis l’envoyer. Avec Snapchat, l’application s’ouvre directement sur la prise de photos. L’application vous invite donc à faire passer votre message par une photo plutôt que par du texte. Bien plus efficace que de taper, corriger, etc. L’application fait un carton auprès des plus jeunes.

Mieux, Snapchat a compris que nous croulions sous le nombre de photos prises. La photo partagée s’autodétruira après un certain nombre de secondes. Exit donc le problème de stockage.

Pinterest

Autre preuve que le visuel domine le web: Pinterest. Ce service a connu une croissance fulgurante ces dernières annĂ©es. Il permet de collecter des images dĂ©couvertes sur le web et les ranger dans des tableaux. Cet usage permet de trouver l’inspiration rapidement et constitue une nouvelle mĂ©thode de bookmarking très populaire. Dans le mĂŞme temps, les anciens services Delicious, Kippt ou encore pinboard ont tous disparu (ou sont en voie de l’être).

Pourquoi les gens communiquent désormais par photos?

elles sont comprises par tout le monde, indépendamment de la langue que l’on parle;

C’est une caractéristique cruciale sur internet où les internautes du monde entier se connectent. Je ne suis pas capable de comprendre un texte en swahili, polonais ou chinois, mais peux comprendre une photo prise par l’un de ces locuteurs.

elles se consomment rapidement;

Contrairement au texte, une image a un impact immédiat.

C’est particulièrement le cas sur le NewsFeed de Facebook, plateforme sur laquelle nous n’allouons que très peu de temps à chaque publication. Les community managers l’ont bien compris et la publication d’images fait désormais partie des règles cardinales des bonnes pratiques.

elles marquent les esprits;

“There was film taken of the same scene at Iwo Jima that doesn’t bear any consideration,” Mr. Kelsey said. “Part of what makes that photo so extraordinary is all the contingent circumstances: It was the perfect moment. When you see all the moments on one side or the other, or moving, it looks banal, it drains away the magic of the moment.”

elles se partagent facilement;

Une photo se partage très facilement. Peut-être même plus qu’un texte. Prenez Twitter. Un tweet est limité à 140 caractères. Certaines polices ne sont pas reconnues (chinois, japonais, etc.) tandis que le format JPG est universel.

elles ne coûtent presque rien à la production;

Nous l’avons déjà dit mais nous le répétons: la production de photos ne coûte que du temps. La diffusion à large échelle via internet est gratuite. Le stockage est quant à lui, certes compliqué, mais beaucoup moins coûteux qu’il y a quelques années.

elles sont plus faciles à produire qu’un film ou un texte;

Il est difficile de faire un beau film. Ecrire un beau texte requiert beaucoup de pratique et du temps. La production de photos est en revanche accessible au grand public.

Les constructeurs ne cessent d’améliorer les appareils qu’ils vendent. Que cela soit Apple ou Samsung, les appareils photos embarqués prennent désormais des photos d’excellentes qualités. Du côté software également, les applications s’améliorent. De nombreuses apps permettent de retoucher on the go vos photos sans avoir à vous connecter à votre ordinateur. Tout cela concourt à renforcer l’usage des photos.

Conclusion

Paradoxalement, c’est le métier de photographe qui en souffre le plus. Alors que la photographie s’est démocratisée, s’est insinué le sentiment que tout le monde est capable de prendre des belles photos, ce qui n’est évidemment pas le cas.
Et en même temps, l’opportunité est grande pour ces professionnel-le-s. Certains médias refusent de publier un article s’il n’est pas illustrer d’un visuel.