A la découverte de la Thaïlande et du Cambodge, 2012

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8 décembre 2012

Me voilà à Bangkok. Je suis arrivé cet après-midi vers 16h, à mon hôtel.

Mes vols se sont bien déroulés. Je suis parti avec Emirates Airlines. Il est fréquent de faire une escale à Dubaï quand on part avec cette compagnie. Dans le fond, ce fut une bonne chose. Depuis la Suisse, il est très fréquent de faire un arrêt dans un aéroport-hub et quand il neige dans ces aéroports-là, certains vols sont annulés, voire retardés. J’y ai échappé, car à Dubaï, pas de risque de neige.

Mes vols ont connu quelques retards, mais sans grande conséquence. J’ai bien pu me reposer dans ces avions et une belle blonde anglaise s’est permise de s’affaler sur mon épaule. Pour la première fois j’ai volé dans le fameux Airbus A380. L’avion est énorme bien que je le croyais plus long. Le confort me semble meilleur que dans les autres appareils car moins de bruit à l’intérieur de la cabine. Pas plus de place pour autant.

A Bangkok, le passage du contrôle des passeport s’est passé sans problème. Il fallait remplir un formulaire. Je suis toujours un peu emprunté pour les remplir, tant il est vrai qu’en Europe nous circulons d’un pays à un autre sans nous poser de question.

Comme d’habitude, l’aéroport se trouve éloigné du centre. Je décide de prendre un taxi. J’ai lu que ce n’était pas trop cher. Alors que je cherche un véhicule au hasard, je comprends vite qu’il faut passer par un guichet qui vous dispatch par la suite. Un peu procédurier mais je pense qu’ils veulent éviter les taxis non-homologués…La course me coûte 300 baths, ce qui n’est pas très cher par comparaison au standard européen. 50 baths additionnels sont ajoutés en raison des péages pour l’autoroute.

Sur la route, je remarque la végétation et les grands panneaux publicitaires. Le trafic est intense et Bangkok semble très anarchique. C’est standard en Asie.

Quand je sors de mon taxi, je suis frappé par la chaleur. Mon hôtel est bien, ma chambre est propre et confortable. Je me repose un moment, prends une douche et décide de partir en reconnaissance dans les environs. Les rues sont très animées, est-ce parce qu’on est samedi? Je fais le pari que les gens sortent davantage le soir en raison de la chaleur. Il y a pleins de petits vendeurs ambulants, de petites échoppes où manger, des magasins, des coins pour se faire masser, etc. Pas mal de touristes aussi. Mon hôtel se trouve dans le quartier de Banglumphu. C’est assez proche des monuments, un lieu assez sûr, pas glauque et pratique.

Je ne m’attarde pas trop, mange sur le pouce, et rentre à l’hôtel me coucher tôt et préparer le lendemain.

9 décembre 2012

Quand je voyage, je teste toujours deux choses: les marchés et les trains. Quand j’ai su que Bangkok avait le plus grand marché au monde — ou en tout cas, l’un des plus grands au monde — je me suis dit qu’il fallait que j’y fasse un tour.

A ma connaissance ce marché n’est ouvert que le samedi et le dimanche. Aujourd’hui était donc la seule opportunité que j’avais pour le découvrir. Le marché est un peu excentré, au nord de la ville. L’atteindre n’est donc pas pratique. Si on loge près du Skytrain on s’y rend très rapidement pour pas cher. Dans le cas contraire, on prendra le taxi pour nous emmener dans une station du Skytrain qui fera le reste du chemin. On pourrait certes imaginer faire tout le chemin en taxi, mais le trafic est très intense à Bangkok. On perdrait donc trop de temps pour s’y rendre. Prendre le Skytrain est donc parfait non seulement parce qu’il vous évite la circulation mais aussi parce qu’il offre une vue de la ville.

 Bangkok Skytrain

Bangkok Skytrain

Le Skytrain fonctionne un peu comme le métro japonais. On paie pour la distance qu’on effectue. Il faut donc consulter la carte des stations, déterminer à laquelle on veut descendre et voir le prix correspondant. C’est très simple et du personnel est là pour vous aider en cas de difficultés. Les tickets reçus seront ensuite introduits dans des sortes de bornes à péages pour accéder aux quais. Il faut bien conserver ces cartes d’embarquement car elles vous permettent de sortir lorsque vous êtes arrivés à destination.

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Le marché est agencé en différentes allées. Il y a la nourriture, les habits, l’artisanat, les fleurs, etc. Tout s’achète là-bas et autant vous prévenir de suite: ce marché est autant fréquenté par les étrangers que les Thaïlandais. Cet endroit est donc très busy, mieux vaut ne pas avoir peur de la foule. A quoi s’ajoute une chaleur assez intense. Je ne suis pas un grand fan de cet attroupement mais on s’y fait assez bien. Evidemment, on ne vend rien de grande qualité dans le coin mais on apprécie les odeurs, la cuisine thaï, les fleurs qui vous explosent les narines, bref l’ambiance générale bonne enfant.

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Le marché me fait beaucoup penser au souk de la Médina de Marrakech. De nombreuses petites allées où tout se vend. On s’y perd facilement, on peut marchander, manger…En revanche, il me semble qu’il faisait moins chaud au Maroc, mais la période était aussi plus fraîche. S’agissant des vendeurs, ils vous harcèlent moins. Et quand il y a un différend mieux vaut sourire. Tout se règle à coup de sourire par ici.

Le marché est grand, très grand. Il y a carrément un office d’information qui distribue des cartes pour s’y retrouver, tout comme le marché aux poissons de Tokyo Tsukiji. Chaque section a ses spécialités, habits, artisanat, etc. Si à première vue on peut penser à un joyeux bordel, tout est en fait ordonné.

Vers 17h, peu avant l’heure de fermeture, éclate une violente averse. On comprend tout de suite mieux pourquoi le marché est couvert tant la pluie est diluvienne. On attend tous que ça passe…et ça dure une bonne vingtaine de minutes…L’air ambiant est moite..! La chaleur ne me gêne pas vraiment, contrairement aux climatisations qu’on trouve un peu partout.

10 décembre 2012

Hier devait être consacré aux monuments historiques. La visite devait commencer par le palais royal, continuer avec le temple Wat Pho et finir avec le temple Wat Arun. Il y avait encore sur la route, le marché aux amulettes, mais cette dernière visite ne me paraissait pas indispensable. C’était bonus.

Je me suis donc directement dirigé sur le palais royal à la fois lieu le plus proche et principale attraction de Bangkok. Au fur et à mesure qu’on progresse, on aperçoit très vite une muraille blanche immaculée, un peu comme les villas grecques qu’on voit sur les cartes postales. Ce beau blanc détonne dans le décor tant il est propre. Juste avant d’arriver au pied de cette muraille je tombe sur une mini-place où se trouvent des statues d’éléphants.

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Bangkok me fait terriblement penser à l’Inde. Je n’y suis jamais allé pourtant, mais ça ressemble vachement à ce qu’on voit dans les films.

Arrivé à l’entrée du palais royal, je me fais gentiment mais fermement refoulé. Raison invoquée: je porte des shorts et on voit mes genoux. Le lieu est assez strict et ils prêtent des vêtements pour cacher ces parties "honteuses". Il y une telle queue qui attend de recevoir des habits que j’abandonne la visite du palais royal. Le temple Wat Pho se trouve juste derrière et est, semble-t-il, moins psychorigide. Je m’y rends, croise une classe d’école en vadrouille. Je leur tends la main, ils me font tous un high-five.

Arrivé devant Wat Pho, j’ai confirmation qu’il n’y a pas besoin de porter des pantalons. Je commence donc ma visite. Le temple est très bien conservé. C’est d’ailleurs le cas des nombreux monuments ici. Temple parmi les plus anciens de Bangkok, il abrite un Buddha couché de plusieurs dizaines de mètres, là aussi remarquablement conservé.

 Wat Pho

Wat Pho

 Wat Pho

Wat Pho

Après Wat Pho, je voulais continuer sur Wat Arun, un temple d’inspiration khmer. L’édifice est proche de Wat Pho mais il faut traverser le fleuve Chao Praya. Avant de le faire, je décide de visiter ce marché aux amulettes.

Ce marché se trouve dans une rue parallèle au fleuve non loin du palais royal. Pleins de petits vendeurs se trouvent donc là les uns à côté des autres avec des étalages très sommaires, la plupart du temps des couvertures posées par terre, et encore…Pour l’occidental que je suis ce marché ne représente pas beaucoup d’intérêt. Y sont vendues des amulettes, ou petits objets dont on ne saisit pas bien l’importance. Les Thaïs en revanche, viennent avec leur loupe et scrutent chaque millimètre de ces objets à peine plus petits qu’un Zippo. Certains semblent être de vrais collectionneurs.

 Marché aux amulettes

Marché aux amulettes

Cap ensuite sur Wat Arun, ce temple d’inspiration khmer trônant fièrement de l’autre côté de la rive du Chao Praya.

Première difficulté: trouver où prendre le bateau. Ne songez pas à des quais. C’est inexistant ici. Il faut donc s’engager dans la bonne ruelle et entrer dans la bonne maison, laquelle est en fait un dock pour monter sur les ferrys, taxi boats, etc. J’ai pas mal galéré. Je finis par trouver mais ne comprends pas bien le système — que je ne comprends toujours pas d’ailleurs. Je paie 3 baths la traversée en ferry, une misère et découvre ce fleuve. A certains arrêts, il faut monter sur le bateau et payer dessus, dans d’autres il y a un guichet avant de monter. A moins que ce soit le type de bateau!? Bref, j’arrive au pied de Wat Arun. L’architecture est très différente, une espèce de pyramide. On peut monter à son sommet mais c’est super casse gueule pour redescendre. En haut, vous pourrez avoir une assez belle vue sur le fleuve Chao Praya.

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NB: La visite est gratuite. A voir également de nuit, complètement éclairé.

 Fleuve Chao Praya

Fleuve Chao Praya

Un peu plus au sud de Wat Arun, se trouve China Town. J’y vais à pieds et me promène dans les rues de Bangkok. Il fait moite, ça ne me dérange pas vraiment, mais je suis trempé. Plus je déambule plus je pense à l’Inde, allez savoir pourquoi. Quand on visite un pays, on arrive toujours avec son lot de stéréotypes. Pour ma part, j’imaginais Bangkok plus moderne. Le degré de modernité de la ville dépend beaucoup des quartiers dans lesquels on se trouve.

Arrivé à Chinatown, je m’engage dans les petites ruelles. Agoraphobes s’abstenir! Les ruelles sont très étroites, il est très difficile d’y circuler. On s’y perd facilement mais l’atmosphère est assez particulière. Peut-être pas le plus intéressant à voir, on ira dans ce quartier en tout cas pas pour y faire des emplettes.

Je reprends le bateau qui est plein à craqué, et dans lequel, je trouve à peine une place où me loger. Pas de barrière juste des poteaux auxquels se tenir. Autant dire qu’il faut bien s’agripper sinon on passe à la flotte. Alors qu’on démarre la personne qui amarre le bateau me saute dessus. Je ne le vois pas venir et il manque de passer à l’eau. Je descends dans ce qui semble être un quartier d’affaires, où se trouve le Sirocco sky bar. Je monte mais me fais refouler à l’entrée. Ni sac à dos, ni t-shirt, ni short permis. Je ne suis pas des plus présentables après tout ce que j’ai marché et pas mal fatigué. Le petit cocktail qui m’attendait en haut aurait pourtant été parfait sur fond de coucher de soleil...

Je rentre donc gentiment sur mon hôtel. Le bateau m’a bien plu et il commence à faire nuit. Je décide donc de l’attendre. Et j’attends…un long moment. J’observe le Chao Praya et je goûte au premier moment de vrai calme dans tout cet Hustle et Bustle environnant. Comme souvent en Asie, très peu de terrasses. On les trouve parfois en haut des hôtels, mais les asiatiques ne semblent pas avoir la culture de la terrasse. En tout cas, c’est la conclusion que je tire. Ils doivent se retrouver dans les marchés, mais c’est autrement plus bruyant. Le bateau arrive enfin et je fais le chemin inverse. Je vois le Wat Arun de nuit. C’est assez beau. Peut-être même plus que de jour.

11 décembre 2012

Refoulé la veille, je repars visiter le palais royal, habillé cette fois-ci d’un pantalon et d’un t-shirt. J’ai prévu au cas où une jacket s’il faut couvrir ses bras. Le passage du contrôle des bonnes mœurs se passe bien mais je souffre terriblement de la chaleur.

 Palais royal Bangkok

Palais royal Bangkok

L’entrée coûte 400 baths, ce qui est relativement cher, mais vaut le détour. Rama I, alors qu’il revient d’Europe, s’inspire des châteaux européens mais les transforme à la sauce thaï. C’est assez réussi. L’enceinte ne contient pas que le palais royal, mais également des temples.

Le petit Buddha d’émeraude est une petite statue se trouvant à l’intérieur d’un temple. On ne peut pas le prendre en photo et trône en haut d’un autel. L’objet ne m’impressionne pas plus que ça mais on sent que c’est important à la vue de l’importance donnée par les visiteurs asiatiques.

Quand on part en Thaïlande, il y a quelques incontournables à faire, parmi lesquels le massage traditionnel thaï tient une bonne place. Alors que je rentre de ma visite du palais royal en sueur totale et plein de courbatures de la veille, je me dis que je ferais bien un petit massage. Je ne me foule pas plus que ça et choisis les services proposés par l’hôtel dans lequel je réside. L’endroit est très beau, au tout dernier étage. Je suis le seul client et choisis le massage Coconut Milk: pour une peau jamais sèche qu’ils disent. Non que j’aie vraiment des problèmes de peaux sèches, mais ça fait exotique.

La dame me reçoit, un petit bout d’un 1m60 dans les 45 kilos. Elle me fait d’abord prendre une douche et me dit de mettre un sous-vêtement fourni par le service. Je regarde ça un peu éberlué. Une petite pochette à mouchoir en papier. J’ouvre la pochette et sors ce fameux sous-vêtement qui est donc une culotte, mais comment dire… j’appellerai plutôt cela un filet qui ne cache pas grand chose...

Elle commence par me masser les pieds, puis je passe sur la table, d’abord le dos, ensuite, l’autre face. Le massage est très bien réussi et se termine…dans un jacuzzi avec vue sur Bangkok de nuit, car entre temps la nuit est tombée.

12 décembre 2012

La suite de mon voyage continue avec Koh Chang, une île qui, paraît-il, est restée assez sauvage. Il me fallait donc prendre le bus de Bangkok jusqu’à cette nouvelle destination. Ce qui devait être une simple journée fut en fait une véritable expédition.

Prudent, je me lève assez tôt pour me rendre à la gare routière assez distante de mon hôtel. A 8h je lève le camp et trouve un taxi pour me mener là-bas. S’agit d’être efficace. Je me retrouve très vite coincé dans les embouteillages de Bangkok.

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Après 20 minutes de route mon chauffeur me dit que le moteur de la voiture chauffe anormalement. Le coup de la panne! Il se démerde pour me trouver un autre taxi qui fera le reste du chemin. On passe par l’autoroute. Oui oui, par l’autoroute pour aller d’un quartier à un autre de Bangkok. On fait causette pendant le trajet et j’ai tout le mal du monde à comprendre ce qu’il me dit. Le thaiglish n’est pas évident à comprendre. J’arrive à destination à 9h30, soit 1h30 de trajet dans Bangkok…

A la gare routière, je prends mon billet, le car part à 9h45. Pour le coup, ça tombe bien.

Je monte dans le bus et patiente…Dehors je vois un pauvre type, type européen, qui voyage avec des cornets Migros. Vous savez ces nouveaux cornets en plastiques qui remplacent les anciens. 3 minutes plus tard, le gusse se pose à côté de moi (les places sont numérotées). Bon, so far so good. Le car démarre, nous voilà partis.

Je tape la causette avec mon voisin, il me dit qu’il est suisse, de Zurich, d’origine napolitaine. Très vite, il me fatigue... Je me dis “ça va être long”. Il me parle d’une suédoise aux yeux verts, de la Suisse, et bla bla bla! Je lui fais vite comprendre que j’aimerais dormir. Je lui sors un “Bianca Notte” un peu passe partout et ferme les yeux. On roule comme ça pendant 2 heures avant de nous arrêter sur une aire. On est au milieu de nulle part mais ça fait du bien de dégourdir ses jambes.

On repart pour 3h30 de route. Jusqu’au ferry de Laem Ngop. Là, nous prenons le ferry, c’est assez sympa. 30 minutes de traversée.

Arrivés enfin sur place, nous sommes tous embarqués dans des pickups indépendamment du lieu où on va. En fait, le chauffeur demande à chacun où il loge et nous pose les uns après les autres. On est donc 11 derrière ce pickup (2 bancs qui se font face à face). C’est serré et pas très confortable. On discute à l’arrière, il y a beaucoup de jeunes, une espagnole, une belge, deux suisses et un américain assez âgé qui ne cesse de répéter au chauffeur “I stay in the Saint-Tropez Resort, Do you know Saint Tropez”. “Saint-tropez like in France” !!

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Chacun se fait déposer tour à tour. Mon hôtel arrive et là… comment dire…c’est le grand luxe. Je ne m’attendais pas à ça. Je dois dire que ma voyagiste a fait très fort. C’est l’avantage de partir début décembre, c’est le moment où les prix sont les plus bas. Je vois les mâchoires de mes compagnons de voyage se décrocher, genre c’est qui ce plouc qui reste dans pareil hôtel.

L’hôtel est une grande chaîne asiatique. Plus de 100 chambres. Tout ce que je n’aime pas à la base. Mais arrivé sur place, je change vite d’avis. Ils vous accueillent avec une petite lingette froide et un jus de grenade. Ma chambre est spacieuse et a un balcon où se prélasser. Très rapidement, je veux voir l’océan. J’arrive pour le coucher de soleil, il est 18h. 10h de route, sympa! Le balnéaire, c’est pas trop mon truc, raison pour laquelle je n’ai booké que 3 jours ici, mais je commence à regretter alors que je viens d’arriver…!

15 décembre 2012

Malgré la taille de mon hôtel, il n’y a presque personne ici. C’est quasiment désert, quelques clients tout au plus. L’idéal pour se reposer après l’agitation de Bangkok. La plage réservée pour mon hôtel n’est quant à elle pas très étendue. Quand il y a beaucoup de monde, ça ne doit pas être top. C’est sûrement pour cette raison qu’il y a deux piscines, bien que je ne comprenne pas trop l’intérêt de faire tout ce chemin pour se baigner dans une piscine.

Ici, on ne vient pas avec son linge qu’on pose sur le sable. Non, il y a des chaises longues qu’on utilise comme on veut. La plage est plutôt belle, avec des palmiers et du sable blanc. L’océan est pas mal mais sans plus.

Le soir, le personnel installe de grands pouffes sur lesquels on s’installe pour admirer le coucher de soleil. Un bar se tient non loin de là pour accompagner ce spectacle d’un cocktail ou d’une autre boisson désaltérante. Une fois la nuit tombée démarre un film retransmis en plein air. Tandis qu’on regarde le film, l’odeur de barbecue nous parvient aux narines. Le restaurant n’est pas loin et vous attend. Vous avez le choix entre le menu ou le buffet. Si vous privilégiez le buffet, vous pourrez alors faire griller le poisson de votre choix selon l’arrivage du jour. La viande est également disponible. Enfin, pour les plus flemmards, il est possible de manger dans sa chambre. Tout cela est bien huilé.

Les chambres sont belles et spacieuses. J’ai même un balcon. Manque que le hamac. Un jour, alors que je lisais sur mon balcon, j’entends un bruit sourd sur le sol. Je regarde et vois deux lézards tombés du plafonds. Il y en a une quantité impressionnante dans le coin. Couleur pastelle, rose, limite translucide. N’aurais pas super apprécié qu’ils me tombent sur la tête.

Ce soir, j’ai eu l’occasion d’assister à un shooting pour un guide touristique. Tout l’hôtel s’est plié en quatre pour que le photographe et son assistant puissent prendre les meilleurs clichés possibles. Projecteurs, pieds et flashs sont utilisés pour mettre en valeur le site. Deux clients sont mobilisés pour poser. La réalité n’est pas trop altérée mais ils mettent le lieu en scène, déplacent certains éléments pour le meilleur résultat possible. Bien entendu, tout cela se déroule pendant le coucher du soleil.

Hier, deux couples russes sont arrivés dans les chambres d’à côté. Des moscovites en vacances. Ils m’invitent à boire une bière sur l’un de leur balcon et on échange nos impressions sur la Thaïlande. Ils ont aussi quelques problèmes à comprendre les Thaïs mais les trouvent très chaleureux. De leur côté, les Russes resteront ici tout le long de leur séjour. Pour la petite histoire, ils sont passés de -13° à 30°. Joli choc thermique.

Il m’arrive quelques petits pépins physiques ici alors que je suis en mode farniente totale. D’abord, les fonds marins du coin ont des roches très très coupantes. A peine vous les touchez que vos pieds sont en lambeaux. J’ai plusieurs peaux arrachées et avec le sable, c’est super! Les moustiques aussi s’y sont mis. Et force est de constater qu’ils m’aiment bien. Je dirais même plus, ils m’adorent. Et comme par hasard, ils s’attaquent à mes pieds…Pourtant j’ai bien mis de l’anti-moustique, mais peut-être pas assez fréquemment. Enfin, je me suis pris un coup de soleil sur le thorax…De toute ma vie, je crois n’avoir pris qu’un ou deux coups de soleil. Mais alors là. Mazette. Je me demande comment je vais faire pour porter mon sac à dos demain.

Oui, car demain je lève le camp et mets le cap sur le nord-est thaï à Khon Kaen. A l’heure où j’écris ces lignes je ne sais toujours pas comment je vais m’y rendre. Ce sera sûrement un multi-étapes. Idéalement, il faudra que je privilégie les VIP vans plus rapides et plus confortables. D’après la carte, la distance est bien plus conséquente que le trajet Bangkok — Koh Chang qui m’avait déjà pris 10h. J’ai donc une petite appréhension…!

18 décembre 2012

Longue journée hier. Mon séjour à Koh Chang était terminé et je devais me rendre dans mon nouveau logis, dans la campagne de Khon Kaen. Khon Kaen est une ville de la province de l’Isan, moins touristique et économiquement en plein boom. La ville se trouve à peu près à la verticale de Koh Chang, à l’est de Bangkok. Dans mes premières analyses, lorsque j’ai réservé, je m’étais dit que je couperai à travers et remonterai au nord pour atteindre ma destination. J’étais optimiste.

La veille de mon départ, je me renseigne sur internet, puis auprès des Thaïs pour savoir quel est le chemin le plus direct. Tous me répondent invariablement qu’il faut passer par Bangkok. L’affaire me contrarie mais je me résous à revenir à Bangkok pour repartir de là-bas. A priori, tout voyage interne en Thaïlande transite par Bangkok. Système d’étoile, à la française. J’adore.

Du coup, je deviens beaucoup moins serein (l’aller m’avait pris une journée entière). Il faut que je parte à l’aube et me lève donc à 5h du matin, pour partir à 6h. A 6h, je fais le checkout et demande un taxi. Pas de taxi avant 7h me dit-on, il est de l’autre côté de l’île. Voilà qui ne me détend pas. J’attends 7h, il est assez ponctuel. Je suis seul à bord.

Il me mène au débarcadère. Le ferry est sur le point de larguer les amarres. Je cours avec tout mon barda. A peine ai-je posé le pieds sur le bateau qu’ils lèvent le pont. Alors qu’on traverse, je me demande si j’étais bien au bon embarcadère…car les lieux ne me disaient rien.

Et effectivement, je ne me retrouve pas au même endroit que pour l’aller. Je m’en moque et cherche des compagnies pour me rapatrier à Bangkok. J’aimerais privilégier les transports rapides, style van ou bus VIP comme ils les appellent. En gros, c’est des directs pour la capitale. Je me renseigne donc à l’entreprise Malibu qui a des petits vans. Départ à 8h45. J’attends donc.

A 8h45, un taxi pickup vient nous chercher. Beaucoup d’asiatiques à bord, je suis le seul occidental. On roule comme ça pendant 40min. Je commence à me demander si c’est ça leur van. Au bout d’un moment, on s’arrête et un autre véhicule, cette fois-ci un van, nous embarque.

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Et là, on passe la deuxième. Le conducteur est un fou du volant. C’est Fangio. Le pare-brise est fissuré, imotep. Parfois, j’ai un peu peur mais d’un autre côté ça m’arrange parce que je suis un peu charrette question timing. Vers les 13h30, on arrive à Bangkok, dans ce qui semble être la gare routière de cette compagnie de vans. C’est un peu le bordel dans la mesure où je dois me rendre dans le terminal de bus Mo Chi au nord de Bangkok et que je ne sais pas vraiment où je me trouve. Une thaï avec qui j’ai échangé quelques mots pendant le voyage m’aide tout de suite et joue la traductrice de fortune. J’embarque dans un nouveau van, direction le nord de Bangkok. On y arrive très vite. Je suis déposé, à moi maintenant de trouver un bus pour Khon Kaen. Il est 14h. Au niveau timing, on est dans les temps.

La gare routière de Mo Chi, c’est un peu un aéroport, sauf que vous prenez des bus. Vous avez pleins de stands de différentes compagnies. Une fois votre billet payé, vous rejoignez votre gate pour embarquer. Le plus dur est de trouver une compagnie qui vend des tickets pour la ville que vous voulez. Un stand d’information est là pour vous aiguiller. Je prends donc la première compagnie que je trouve. Départ 15h, durée du voyage 6h. Je me dis que c’est pas si mal.

A 15h08, nous partons. Le chauffeur n’est pas commode. Il ne parle pas. Il me fait penser au général japonais dans Pearl Harbour. Je voyage dans ce qu’ils appellent une seconde classe. Et autant dire que ça n’a rien à envier aux cars postaux. C’est tout à fait convenable. Sur la route, j’observe les paysages. La voiture est incontestablement le moyen de transport principal ici. Les autoroutes sont étonnantes. On peut faire un U-turn au milieu! Et ça fonctionne assez bien. Quand il y a des bouchons, comme c’est souvent le cas dans la banlieue de Bangkok, une trois voies se transforme en quatre voire cinq voies.

Et donc, on roule comme ça pendant des heures. Il règne un silence assourdissant dans ce car. C’est très calme, je suis à nouveau le seul occidental. Même les enfants ne bronchent pas. Je commence à fatiguer et en avoir marre et me demande ce qui m’a pris d’aller à Khon Kaen. Mais pas le choix, faut serrer les dents.

Vers 21h, à l’heure où je devais arriver normalement, je commence à m’inquiéter. On fait deux trois arrêts, mais aucun panneau dans notre alphabet. J’ignore où je me trouve. Tout le monde roupille à poings fermés, impossible donc de demander aux passagers. Je sors mon iPhone et utilise Google maps que j’ai téléchargé quelques jours plus tôt. Il me localise à Nakhon Ratchasima, soit au milieu du trajet. Mon dieu…

En fait, je m’aperçois que le reste du trajet est parcouru plus rapidement. J’arriverai tout de même vers 22h40 à Khon Kaen. Les cartes thaï sont un peu bizarres. Les distances ne semblent pas forcément toujours à l’échelle. Quoi qu’il en soit, me voilà enfin dans ce trou perdu du nord de la Thaïlande, me reste encore à trouver un taxi pour m’amener à mon hôtel qui se trouve dans la campagne. Je trouve trois taxis qui attendent. Je leur demande. Personne ne connaît…

Heureusement, ils se mettent en quatre pour trouver cet hôtel. Ils font des appels et finissent par avoir les informations. On fait route et j’ai assez confiance en mon chauffeur, car oui, il fait nuit, on part dans la campagne, je ne suis pas entièrement rassuré. J’arrive enfin à destination.

Le checkin se passe bien et je monte dans mon dernier véhicule de la journée, une espèce de trolley à golf, je sais pas si vous voyez. J’aurai fait pickup, ferry, van, car, taxi et trolley. Pour cet hôtel, je me suis lâché. Villa avec piscine privative qui donne sur la rivière Chi. Encore mieux que Koh Chang. Merci Agoda et les prix cassés du début de décembre. Finalement, je sens que je vais bien me plaire ici.

19 décembre 2012

Non loin de Khon Kaen se trouve la petite ville de Chonnabot réputée en Thaïlande pour ses tisserands de soie. L’occasion de découvrir l’artisanat local et pourquoi pas de faire des cadeaux. Vers 11h, je fais venir un taxi pour me mener à la station de bus de Khon Kaen, lieu où je prendrai un moyen de transport. Malentendu ou petite escroquerie, toujours est-il que le taxi me mène directement à Chonnabot, à environ 1 heure de route. Je m’en aperçois avant d’ y arriver mais nous sommes déjà à mi chemin…

A Chonnabot, il y a Sala Mai, une maison qui retrace les activités de la soie dans la ville. Je m’y rends et suis extrêmement déçu par ce que j’y trouve. La bicoque est minuscule et on n’apprend pas grand chose. Je retourne en ville et essaie de trouver des magasins où acheter de la soie. Je marche ainsi pendant une heure sans vraiment trouver, jusqu’à ce que je tombe sur une rue qui regroupe toutes les échoppes du coin.

Je m’y aventure jusqu’à ce qu’un homme assez maniéré m’interpelle et me prend par le poignet en me parlant thaï. Je ne comprends pas grand chose, mais le voilà qui m’entraine dans une arrière boutique. Il me montre les tisseuses au travail sur leur métier à tisser. Le spectacle est à la fois impressionnant et inattendu. Je reste comme ça une demi-heure à observer leur travail. Je crains de les déranger mais elles semblent apprécier de recevoir du monde. Puis je passe dans la boutique pour voir ce qu’ils vendent.

Content de ma petite virée et de cette surprise, je me mets sur le chemin du retour, bien que Chonnabot ne représente, en dehors de la soie, pas grand intérêt. Il n’y a pas de terminal à bus ici. Je ne sais donc pas trop comment ça fonctionne. Je décide donc de me rendre dans la rue principale et de voir ce qui s’y passe. Je vois un bus arriver et stopper à côté d’un petit abri. Je m’y rends et attends.

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Quelques minutes plus tard, un bus arrive. Je demande s’il passe par Ban Phai. On me répond par l’affirmative. Je monte dedans. A l’intérieur, je me crois dans le bus de Rosanna Parks, l’ambiance délétère en moins. Le plancher est en bois et tout est vintage.

Nous avançons au pas et arrivons à Ban Phai ville plus grande que Chonnabot mais de taille réduite. Je prends un tuk-tuk pour arriver à la gare, car oui, je reste fidèle à mes traditions. Le train n’arrive que dans deux heures le temps de visiter le coin. L’ambiance est bonne ici (comme partout dans cette partie de la Thaïlande). Les gens sont souriants, disponibles et curieux. Je tombe sur des vaches. Elles sont bossues et ont de grandes oreilles.

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Le train arrive et je découvre la troisième classe. Les gens sont gentils mais on sent une certaine pauvreté.

Contrairement à ce que les gens disent, je ne le trouve pas si lent.

21 décembre 2012

Comme j’ai déjà pu le dire, mon hôtel ne se trouve pas formellement dans la ville de Khon Kaen mais dans la campagne proche. Cette situation offre à la fois avantages et désavantages.

Avantages, car l’endroit est très tranquille. C’est calme, pas de circulation. On peut se promener dans les alentours, c’est agréable. Désavantages, car dès qu’on veut aller en ville ou aller dans un endroit, c’est plus compliqué car il faut prendre un taxi pour nous mener en ville.

Je voulais donc découvrir la campagne thaï et les fameuses rizières, symboles par excellence de l’Asie. J’ai pris donc beaucoup de boissons pour éviter la déshydratation et me suis confectionné une espèce de Keffieh (vous savez le type de chapeau qu’Arafat avait l’habitude de porter) avec un t-shirt et un élastique trouvé dans mon sac à dos.

Je quitte mon hôtel vers les 11h et marche ainsi au milieu des rizières. Il y a une piste sur laquelle je progresse. La terre est sablonneuse, un peu rougeâtre. Cette voie est surélevée alors que de part et d’autre s’étendent les rizières.

Ces champs si on peut parler ainsi sont carrés ou rectangulaires. Caractéristique commune: ils sont rigoureusement plats et pour la plupart inondés. C’est que la culture du riz nécessite beaucoup d’eau et donc des terrains plats pour que celle-ci ne s’écoule pas. Dans les régions montagneuses on peut voir des terrasses assez splendides. Tout comme en Europe, il y a ci et là des épouvantails.

Je marche ainsi pendant 4h. La chaleur est intense et je transpire à grosses gouttes mais cela me fait un bien terrible. C’est comme si je me purgeais de tous les tracas de l’année 2012. Sur ma route, je ne rencontre absolument personne. Je vois bien quelques cabanes, mais elles sont toutes désertes.

De retour à mon hôtel, je suis, disons-le, cradissime. Je suis trempe et pue la transpiration comme pas possible. Je ne m’en formalise pas et m’installe sur la terrasse. Je commande un cocktail au goût de grenadine. C’est salvateur.

Puis, je retourne dans mes quartiers où m’attend ma piscine dans laquelle je me prélasse.

22 décembre 2012

J’avais prévu une journée pour découvrir cette ville du nord. En revenant de Ban Phai, j’ai fait la connaissance de Rachan, chauffeur de taxi de mon âge. Il galère un peu en anglais mais se débrouille pas trop mal et j’ai pour la première fois pu avoir un échange qui dépasse les politesses d’usage. La barrière linguistique avait jusqu’ici été un obstacle, en dehors du fait que les gens ne semblaient pas très disponibles pour échanger. Quand Rachan ne connaît pas un mot, il le traduit via Google sur son iPhone, alors qu’il conduit. C’est ainsi que ça fonctionne en Thaïlande.

Rachan, 31 ans, vient de Khon Kaen. Il est chauffeur de taxi. Sa journée commence à 7h et se termine à 23h. Pas de vacances, il n’a guère que le dimanche pour se reposer. En mars, il épousera sa copine. Alors que je discute avec lui, je mesure à quel point les Thaïlandais sont fans de football, surtout le football anglais. Manchester United est son équipe préférée mais il connaît également le FC Bâle (oui, car je lui ai dit que je suis Suisse). Il vit dans une maison dont le loyer lui coûte 5800 baths par mois, soit quelques 170 francs suisses.

Ce matin donc, je décide d’appeler Rachan pour qu’il me conduise à Khon Kaen. Sur le chemin, il me recommande un petit restaurant dont il m’écrit l’adresse sur un bout de papier ainsi qu’un plat à tester. Je ne sais pas si l’endroit est tenu par ses cousins ou quoi mais je lui fais confiance et décide d’y manger le soir.

Arrivé à Khon Kaen, je commence par une boutique de souvenirs avant de me promener dans les rues. Khon Kaen me fait une meilleure impression que les autres villes thaï. J’aurais du mal à le décrire mais l’atmosphère est vraiment très sympa. Il y a beaucoup de jeunes dans les rues. Il y a également pleins de petites terrasses très accueillantes et fort bien aménagées pour boire un verre ou manger.

Ici, il y a beaucoup de trafic comme partout en Thaïlande. Les rues sont animées, on y trouve des petits stands où acheter à manger. Les trottoirs n’ont que le nom.

Je me dirige vers le sud de la ville où se trouve un lac dont les rives accueillent différents temples. J’en visite quelques uns et fais le tour du lac où je découvre plusieurs spécificités locales.

D’abord, ces petites terrasses à même le sol pour manger ce qu’on achète au marché avoisinant. C’est assez populaire. Non loin de là on trouve quelques délices bien locaux. Des pieds de poulets, des larves, grillons et abeilles grillés et pleins d’autres mets moins exotiques toutefois!  On y trouve également des figurines à peindre soi-même. 
Il est 17h30, le soleil commence à se coucher, j’admire le spectacle.

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Alors que la nuit est tombée, je me mets à la recherche du fameux restaurant de Rachan, aidé de ma carte. Je trouve assez facilement le coin qui est assez joli. Une maison avec un jardin-terrasse très agréable.

Je commande ce que Rachan m’avait conseillé et reçois une noix de coco accompagnée de riz. Je ne sais pas exactement tout ce qui se trouve à l’intérieur mais ce sont des produits de la mer, moules, crevettes, etc très pimentés à la sauce chili et ma foi fort bon. Le service se résume quant à lui à son minimum.

Je retourne en ville et donne rendez-vous à Rachan vers 20h à la gare. Nous nous y retrouvons et il y a déjà des clientes dans le véhicule. Quatre lycéennes qui rentrent chez elles. Ici, j’apprends que les cours commencent à 10h. Pepère. Les quatre demoiselles sont très curieuses. Elles demandent d’où je viens, si je sais chanter (wtf!?), quelle est la marque de voiture la plus populaire en Europe, etc. On les dépose une à une et je fais du tourisme motorisé dans les quartiers de Khon Kaen by night.

23 décembre 2012

Hier, je devais faire à nouveau un long trajet pour arriver à Siem Reap, lieu de villégiature pour découvrir les temples d’Angkor. Sur le papier, l’affaire n’était pas nécessairement compliquée, mais tout de même longue. Comme à mon habitude, je décide de partir tôt pour me laisser de la marge en cas de problème. Surtout, j’ai lu que la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande ferme le soir. Sur certains sites, cette frontière ferme à 20h sur d’autres à 17h. Quelle que soit la bonne réponse, il faut absolument que je passe cette frontière le 22 décembre pour que je puisse rejoindre le Cambodge. Je n’ai aucune envie de perdre une journée et encore moins moisir à un poste frontière.

A la base, je devais me rendre à Aranyprathet, dernière ville thaï avant la frontière, en bus. Quand j’ai demandé des conseils à Khon Kaen, on m’a répondu qu’il fallait passer par Nakhon Ratchisma — anciennement connue sous le nom de Korat. En Thaïlande, il faut se rendre dans la capitale d’une province pour accéder aux bus locaux. En d’autres termes, les bus inter-provinces assurent les liaisons entre les capitales provinciales. Pour se rendre dans une ville de second rang, il faut prendre les bus locaux depuis ces capitales provinciales. Il en résulte des détours parfois assez conséquents. Ce fut mon cas pour me rendre à Aranyaprathet. D’après les retours que j’ai eus, on me parlait de 7h à 10h de voyage. Juste pour arriver à Aranyaprathet. Inconcevable.

Je demande à Rachan combien me coûterait le voyage en taxi. 5000 baths (env. 150frs) pour 308 km. C’est cher, mais je n’ai aucune envie de passer ma journée dans des bus ni perdre trop de temps. L’affaire est donc conclue et nous partons à 7h. Le voyage se déroule bien, bien que je sois très tendu pour une raison que je ne m’explique pas vraiment.

Vers 13h, nous arrivons à Aranyaprathet, car oui, les distances ne sont pas parcourues à la même vitesse que chez nous et surtout, il n’y avait pas d’autoroute tout le long. Je paie puis me rends à la frontière. L’ambiance est très différente de Khon Kaen. Très très grosse agitation ici. A peine descendu du taxi qu’un type m’aborde et tente de me diriger dans un bureau pour obtenir le visa cambodgien (que je n’ai pas). Heureusement, j’avais lu sur les forums qu’il y avait de nombreuses arnaques dont celle-ci faisait partie. Je refuse et me dirige vers le poste de frontière thaï. Je sors de Thaïlande sans problème, bien qu’il ait fallu attendre un long moment. Pas très efficaces les douaniers et surtout beaucoup de monde dont de nombreux touristes comme moi. Un gros doute m’assaille à ce moment là car je me demande si je ne suis pas allé trop vite et s’il ne fallait pas faire le visa sur territoire thaï. Car, en effet, une fois sorti de Thaïlande vous ne pouvez plus re-rentrer en Thaïlande à moins d’avoir le multiple entry visa que je n’avais pas. Je suis vite rassuré en tombant sur l’office qui délivre les visas avant de passer le poste de frontière cambodgien. L’affaire me coût 20 dollars US et 100 baths de frais de bouche. Puis, grosse attente pour enfin entrer au Cambodge. La file est longue et seuls 4 officiers travaillent. De plus, les empreintes de nos mains sont prises. Le truc que je déteste tant je crains la manière dont toutes ces données doivent être sécurisées. Mais pas le choix!

Me voilà donc au Cambodge, à Poi Pot précisément. Je me détends et me dis que le plus dur est fait bien que ce passage à la douane ait pris beaucoup plus de temps que je ne l’avais imaginé, soit près de 2h. A peine sorti de la douane que je me fais harcelé par pleins de personnes qui tentent de m’embarquer. Soit dans les bus (dont j’avais lu qu’il fallait éviter), soit sur les motos (inconcevable avec tout mon barda) soit en taxi partagé. Cette dernière solution est celle qui était conseillée sur tous les forums, mais dans un premier temps, je décide de m’éloigner de cet endroit tant je suis entouré par des personnes qui me demandent où je vais. Après 5min de marche, je comprends vite que ça va être compliqué, car ici, pas de taxi facilement reconnaissable, avec un signal sur le toit. Alors que je progresse, un type me demande où je vais. Je réponds Siem Reap. Il me dit qu’il a déjà deux personnes qui attendent, qu’il peut me prendre et qu’il peut me déposer à Siem Reap. Je demande: — How Much? Lequel répond: — Ten dollars!

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L’affaire est conclue et je me retrouve embarqué dans une berline qui a vécu. Devant, l’homme qui m’a abordé conduit. A sa droite se trouve manifestement sa femme et leur bébé. Derrière, une couple de jeunes cambodgiens, plus jeunes que moi je pense, et moi-même. A mes pieds, j’ai mon petit sac à dos où je garde toutes mes valeurs et sur mes genoux mon gros sac. Autant dire qu’on est sacrément serrés là-derrière, mais ça a un certain charme.

La route est une longue droite. De chaque côté, j’aperçois de vastes plaines souvent cultivées en rizières. C’est assez joli. Je l’avais déjà remarqué à Poi Pot, mais j’a la confirmation que le Cambodge est plus pauvre que la Thaïlande. Nous arrivons à Siem Reap où un Tuk Tuk me dépose à mon hôtel. C’était le dernier long trajet qui m’attendait.

24 décembre 2012

Arrivé à Siem Reap en un morceau, je m’aperçois rapidement que cette petite ville est très touristique. Et pour cause! Les temples d’Angkor se trouvent à quelques kilomètres à peine et sont classés patrimoine mondial de l’UNESCO. Autant le dire tout de suite, c’est la vache à lait du Cambodge tant le site attire les touristes du monde entier.

J’arrive ici, vierge de toute idée. Je n’ai jamais abordé ce lieu lors de mes études (d’histoire pourtant, sic!) et c’est en jouant au jeu “Civilisations” que j’ai découvert ces monuments. Tout au plus, je sais qu’il s’agit du plus grand site religieux au monde. Chose que je crois bien volontiers.

La veille, mon chauffeur de taxi me propose les services d’un tuk-tuk pour visiter le site. Coût: 15$ US. Il reste avec vous toute la journée. Pas trop cher me dis-je. J’accepte donc, bien que je ne comprenne pas trop à ce moment là pourquoi il est nécessaire d’avoir un chauffeur pour une journée entière. Le lendemain, il m’attend à 9h et nous partons sur le site. On s’arrête pour acheter le tiquet: 20$ pour une journée, 40$ pour 3 journées. Puis, il me montre ce qu’il est possible de visiter.

Je comprends vite pourquoi le tuk-tuk est l’un des moyens les plus pratiques. Angkor est un immense parc dans lequel se trouvent plus de 300 temples. Angkor Wat est le plus important et celui dont on se souvient le plus mais il y a également d’autres sites qu’on connaît tous pour les avoir vus dans les films (Rambo II, Tomb Raider, etc). Vous passez donc d’un temple à un autre au milieu de ce parc assez beau, au milieu de la jungle ou des rizières. C'est à ma connaissance unique au monde et à faire!

Je dois bien l’avouer, j’étais très loin d’imaginer cela. Dans mon esprit, il y avait un immense temple (Angkor Wat) qu’on voit sur toutes les photos. Et c’est tout. Ce n’est pas le cas.

Angkor

Certaines personnes restent ici une semaine. Ils sont courageux. Il faut en effet s’imaginer visiter des temples tous les jours pendant une semaine. Certaines personnes visitent les lieux en vélo, d’autres en bus. Je crois que le tuk-tuk est le meilleur moyen. Le vélo vous donne de la liberté mais il y a quand même une sacrée distance à parcourir, vous pouvez être victime d’une crevaison et surtout c’est assez dangereux. Le bus vous lie quant à lui à un groupe. Vous êtes donc moins flexibles.

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Il n’y avait pas énormément de monde, mais il y en avait tout de même. Le flot des touristes est dilué dans le parc puisqu’il y a plusieurs temples à visiter. C’est le côté pratique. En revanche, on privilégiera la visite des petits temples le matin ou l’après-midi pour se concentrer sur Angkor Wat (le gros morceau) entre midi et 14h, moment où les touristes vont manger, mais aussi où il fait le plus chaud, et croyez-moi, il fait chaud. Vous pouvez vous restaurer dans ce parc, il y a pleins de petites échoppes où on peut manger sur le pouce.

Enfin, il est très important de conserver son tiquet, même si ce n’est que pour une jour, car il est requis à l’entrée de chaque temple. Il y a donc l’entrée au parc, où on paie son tiquet, puis les entrées aux temples où on présente son tiquet. No big deal!

25 décembre 2012

Parti le matin vers 9h, j’achète mon billet sur la route. Mon chauffeur m’amène directement sur le site d’Angkor Wat (ou Vat, signifiant temple). Je découvre tout d’abord ce qui ressemble à des douves. Elles sont impressionnantes. Il faut imaginer la largeur du Rhône. La végétation est assez belle ici. J’apprendrai plus tard que les douves ont formé une barrière naturelle à la fois contre la jungle galopante mais aussi contre les envahisseurs, puisqu’elles étaient infestées de crocodiles. Le site est donc demeuré quasi intact.

Nous contournons le site pour rejoindre le pont où nous pouvons entrer dans Angkor Wat. C’est le plus grand temple du site d’Angkor, dont l’architecture est l’archétype khmère. Il fut construit par Suryavarman II, roi au XIIe siècle qui voulait un temple dédié à Vishnou. Les religions d’état évoluaient avec les souverains, passant de l’hindouisme, au bouddhisme, etc.

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Une fois le pont traversé, vous êtes invité à traverser une première enceinte au sein de laquelle vous trouverez un vaste parc ainsi qu’une allée principale. On y trouve quelques marais par ci par là.

Le système hydraulique est historiquement fondamental. L’empire Khmère est fondé au IXe siècle par le roi Jayavarman II qui décide à ce moment de faire d’importants travaux d’irrigation dans la région d’Angkor. Ceux-ci permettront au royaume khmère d’avoir l’une des plus importantes villes médiévales du monde. Ce système d’irrigation permettait de gérer la saison des pluies en stockant l’excès d’eau dans des bassins pour la restituer dans les périodes plus sèches. Le manque d’eau sera l’une des raisons du déclin au XVIe siècle.

Le bâtiment central est atteint une fois que nous avons traversé une nouvelle enceinte, plus petite celle-ci. Il est possible de monter en haut des tours pour voir le site. Ces enceintes sont formées de nombreuses galeries contenant piliers, frises et illustrations retraçant l’histoire du royaume.

Le site attire évidemment beaucoup de touristes, mais cela reste encore acceptable. De nombreuses personnes restent le soir pour voir le coucher de soleil. Je l’ai également fait, mais je pense que le lever de soleil est mieux. Le temple fait en effet face à l’ouest. Quand le jour se lève, le soleil s’élève derrière le temple ce qui doit rendre la vision absolument splendide.

Le temple Ta Prohm est le troisième temple que je visite et celui que j’ai préféré. Au total, j’en visiterai six ce jour-là, ce qui est beaucoup. A la fin, on en a marre et la chaleur use les organismes.

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Nous arrivons donc en Tuk-Tuk sur le lieu. A l’extérieur de l’enceinte, vous trouvez une zone assez vaste pour manger. L’agitation est assez intense dans le coin, ce qui m’indique que le temple est important. Mon conducteur me laisse et je m’engage au milieu de la jungle pour découvrir le temple. Depuis la route, vous prenez donc une allée sablonneuse et ignorez tout de ce que vous allez découvrir, tant la forêt est épaisse.

Ici la nature a repris ses droits. En cinq siècles, la végétation s’est considérablement développée. C’est qu’Angkor a été plus ou moins abandonné à partir du XVe siècle avant que les Français (colonisateurs) ne réhabilitent la région.

Il n’est donc pas rare d’y découvrir d’immenses arbres sur les murs du temple. C’est impressionnant

Le temple en lui-même est difficile à décrire. Il est plat contrairement aux temples-montagnes et bénéficie de douves. On s’y engage un peu au hasard, mais on retient tout de même qu’il y a plusieurs enceintes.

25 décembre 2012

Le lendemain, j’en ai marre de visiter les temples et j’ai lu sur un forum que le Cambodge était connu pour ses villages flottants. Je demande donc à un conducteur de tuk-tuk s’il y en a un dans la région. Il me répond par l’affirmative et nous nous y rendons. Nous roulons bien 40 min avant d’atteindre un débarcadère. A ce moment-là je commets la première erreur.

La tiqueterie m’annonce le prix de 40$. Autant dire une fortune dans la région. Je manque de m’étrangler et sans trop réfléchir je paie. Il faut dire qu’à ce moment-là, je m’attends à un village assez grand sur pilotis et assez éloigné. Je m’apercevrai plus tard que je fantasme totalement. Pour ma défense, aucun prix n’est affiché et on ignore tout de ce qu’on va découvrir.

Nous montons donc sur un bateau assez sympa. Je suis seul à bord, mais je suis accompagné d’un guide et d’un pilote. Je ne comprends pas vraiment. Pour moi, le bateau est un simple moyen de transport pour aller d’un point A avant de vous larguer au point B, à savoir le village flottant sur lequel vous vous promenez. C’est ainsi que je l’avais imaginé.

Il n’en est rien. En fait, vous faites une espèce de mini-croisière sur les rives du lac où vous découvrez les maisons, écoles et autres “bâtiments” flottants.

Nous cheminons ainsi avant de faire un premier arrêt pour découvrir le village flottant depuis une position surélevée.

Sur mon chemin, un enfant avec un serpent. Je ne le comprends pas encore totalement, mais manifestement ce village survit grâce au tourisme.

A ce moment-là, Cha (mon guide) me tient un discours larmoyant. Il me parle de la pauvreté dans le coin et que ce serait sympa qu’on s’arrête dans un dépôt pour acheter deux trois bols de riz pour l’orphelinat du coin. J’accepte, naïf et bonne poire. On fait un second arrêt dans le fameux dépôt et là je découvre le prix des denrées. 20$ le pack de nouilles, 70$ les 50kg de riz. Et une fois sur place difficile de refuser à moins de passer pour un salaud. J’achète donc un pack de 24 paquets de nouilles et nous nous rendons dans l’orphelinat. C’est très rudimentaire.

Nous partons et rentrons vers le débarcadère. Je n’ai pas vraiment apprécié l’aventure tant j’ai cette désagréable impression d’avoir été arnaqué. Certes, le village survit grâce au tourisme, mais le manque de transparence est très désagréable. Aucun prix n’est affiché et je n’ai aucune idée de ce que pourrait être un prix correct. Cette sensation ne me quittera jamais vraiment au Cambodge. Le pays est encore assez pauvre et on a vraiment l’impression que les prix sont déterminés à la tête du client…Je pense que les touristes sont prêts à participer à l’effort du village mais se passeraient bien de ce sentiment désagréable. Bref cela aura été ma bonne action du 24 décembre.

Malgré cette mésaventure (qui sera la seule de mon séjour), il faut reconnaître que Cha et son pilote ont été très gentils (pour le prix c’était bien la moindre!). Ils m’ont laissé conduire le bateau pendant un long moment, m’ont bien expliqué les enjeux des villages flottants. Il faut imaginer ces petites maisons où s’entassent parfois 7 à 8 personnes, sans électricité, ni eau courante.

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La plupart des habitants (plus de 5000 mais je doute car le village est petit) vit de la pêche ou du tourisme. Chaque personne reçoit un litre d’eau par jour distribuée grâce à un purificateur d’eau gracieusement donné par les Etats-Unis.

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Bien décidé à ne pas rester sur une mauvaise note, je me renseigne pour faire un vol stationnaire en montgolfière au-dessus d’Angkor Wat. J’apprends qu’il y a trois types de vols possibles: hélicoptère, montgolfière itinérante ou montgolfière stationnaire. Je prends la moins chère et choisis la montgolfière stationnaire.

Pour 15$, ce ballon à air chaud vous permet de découvrir le site d’Angkor Wat ainsi que sa région d’en haut. Et ça vaut le coup! Certes, la montgolfière ne fait que monter et descendre, mais la vue est splendide.

Il est à peu près 17h quand je redescends et me dirige vers Angkor Wat pour assister au coucher de soleil. Je refais également des photos, car je ne suis pas satisfait des clichés que j’ai pris la veille. Les couleurs sont assez belles mais l’aube doit l’être encore plus. Alors que je sors du temple, je tombe sur un couple en habits traditionnels. Ils sont très beaux. Je crois à un mariage mais ce sont en fait des modèles pour une bière locale, comme je l’apprendrai plus tard en tombant sur une publicité.

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26 décembre 2012

Deux jours ont passé et mon séjour à Siem Reap se termine déjà. Il me faut donc me rendre à ma dernière étape, Phnom Penh, où je resterai quelques jours avant de rentrer à Genève. Je ne sais pas trop comment fonctionne le Cambodge s’agissant des transports internes. Je ne pense même pas à ce moment-là à trouver un terminal de bus, sur le modèle thaïlandais. Un peu flemmard donc, je demande à mon hôtel qui me propose les services du Mekong express, bus “VIP” à 12$ le siège pour un voyage de 6h.

Le lendemain à 7h, une navette fait le tour des hôtels et ramasse tous les touristes qui, comme moi, prendront le bus pour Phnom Penh. Nous arrivons dans un terminal et montons dans notre car assez bien équipé. Nous roulons ainsi et faisons un arrêt dans une petite ville.

La campagne cambodgienne est assez belle. On peut voir de nombreuses maisons typiques aux abords de la route, des paysans travailler dans les rizières, etc. A un moment, la route goudronnée s’arrête et nous empruntons une espèce de piste pendant 30 à 40 minutes. Une route est en travaux et nous oblige à faire ce détour. Le voyage devient alors carrément inconfortable et cela me paraît hallucinant de rouler sur une piste en car…

Après 6h de voyage, nous arrivons dans les faubourgs de Phnom Penh. Difficile de se faire une première impression à ce moment-là, je me borne à trouver mon hôtel dans un premier temps. Un tuk-tuk m’y emmènera.

26 décembre 2012 (suite)

Je quitte mon hôtel vers les 15h et pars à la découverte de cette ville. Je me déplace à pieds pour évaluer les distances et m’imprégner de mon environnement. Le marché central est mon objectif. Tout comme à Bangkok, la chaleur est intense ici. Les bâtiments me semblent plus jolis, d’un style colonial, mais le trafic est autrement plus dense. Traverser une rue est très compliqué voire carrément dangereux.

Après 40 minutes de marche, je tombe sur le monument de la victoire, lequel se trouve bien plus loin que le marché central. Je consulte mon plan et vois en effet que j’ai largement dépassé mon objectif. Je monte sur un tuk-tuk qui m’y emmène.

Le marché central ne m’a pas laissé une super impression. Il faut imaginer un grand dôme au centre d’une croix. Sous le dôme se trouvent les échoppes vendant les bijoux alors que les allées de la croix abritent des stands où de la nourriture et des habits sont vendus.

Vers 17h, je quitte le marché et me rends vers le quai Sisowath pour admirer le coucher de soleil. Je le trouve assez facilement et découvre une longue allée piétonne bien aménagée.

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Quatre cours d’eau convergent à Phnom Penh, dont l’un des fleuves les plus emblématiques d’Asie, le Mékong. Les rives de ces cours d’eau ne sont pas très belles et on devine que l’eau doit monter lors de la saison des pluies. Les quais sont en effet très surélevés par rapport au niveau actuel de l’eau.

Selon la légende, Penh, une femme, aurait placé cinq statuettes de Bouddha sur le mont Phnom, où se trouve actuellement le Wat Phnom. Ces statuettes auraient très rapidement généré des pèlerinages. Une agglomération se serait alors constituée aux alentours de ce mont et aurait pris le nom de Phnom Penh.

28 décembre 2012

C’est une visite assez morbide (Choeung Ek) à faire mais qui m’a beaucoup appris sur le Cambodge. Si vous faites cette visite, prenez absolument l’audioguide très bien fait. Entre 1975 et 1980, le Cambodge est dirigé par Pol Pot et ses terribles Khmères rouges. Ces cinq années furent épouvantables et 1 Cambodgien sur 3 sera victime de la répression. 

Le lieu est assez petit et se trouve assez loin du centre de Phnom Penh. Il ne reste quasiment rien des bâtiments d’époque. Il est possible de voir les fosses dans lesquelles les victimes furent enterrées et une énorme stupa abrite désormais les restants humains retrouvés sur place. Pour le reste, il faut absolument l’audioguide pour comprendre comment cela se déroulait.

Après cette visite difficile, je me dirige vers le marché russe. Je pense y trouver des petites brochettes à déguster pour me restaurer. J’arrive donc sur les lieux. C’est un immense carré très différent du marché central. Le lieu me fait un bien meilleur effet. Vous vous engouffrez à l’intérieur et pouvez acheter toutes sortes de souvenirs mais également de la nourriture.

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Très vite, je suis choqué par les conditions d’hygiène dans lesquelles sont conservées les denrées alimentaires. C’est le cas partout dans les autres marchés, mais c’est plus visible ici. Les morceaux de viandes sont pendus à des crocs de boucher alors qu’il fait plus de 30° ambiants. Les lieux sont très sales et nombreuses sont les mouches qui trainent dans le coin.

L’ambiance particulière, quoique difficile à décrire, en fait cependant un lieu vraiment sympa à découvrir.

Quelque peu dégoûté par ce que je vois, je fais l’impasse sur un casse-dalle pour le moment et me dirige vers le palais royal et la pagode argentée que j’aimerais visiter. J’y parviens facilement mais dois attendre l’ouverture à 14h. Je me dirige vers un café non loin de là où je compte me désaltérer et dans lequel je serai témoin de deux scènes très étranges.

A la base, je ne voulais prendre qu’une boisson, mais je remarque qu’ils font des rouleaux de printemps. Je les commande immédiatement n’ayant pas encore goûté ce met asiatique emblématique. Je reçois ma bière noire dans un verre contenant des glaçons et mes rouleaux de printemps que je déguste et qui sont à tomber part terre. Et alors que je mange, une jeune femme commence à faire à peu près n’importe quoi à côté de moi comme si elle voulait attirer l’attention sur elle. Je n’y prête pas attention et fais comme si de rien n’était jusqu’à ce qu’elle m’adresse la parole. La demoiselle est asiatique et vient de Chine. Nous échangeons quelques mots et me demande si je connais Hong Kong et Shanghai. Très vite, je me demande si elle cherche un client. J’ai en effet lu la veille que les Occidentaux se faisaient parfois approcher par des femmes dans les bars pour proposer leurs services. L’affaire ne dure que quelques minutes, car elle quittera le lieu très rapidement après. Je me dis: “Bon…what the fuck was that”

Quelques minutes plus tard, mon serveur un peu efféminé vient vers moi et nous discutons. Sans que je sache vraiment pourquoi, le contact passe assez mal et la discussion n’est pas très naturelle. Mais il reste là et nous discutons. Attention que je trouve plutôt gentille à la base. Les Cambodgiens sont plus curieux que les Thaïs. Ils vous demandent souvent d’où vous venez et c’est toujours l’occasion pour moi d’essayer de leur faire deviner, tant c’est mission quasi impossible en ce qui me concerne puisque je suis très typé méditerranéen mais de nationalité suisse. Bref, nous discutons ainsi et le voilà qui me dit que j’ai un beau sourire. L’affaire devient carrément awkward et je deviens très mal à l’aise car depuis un moment je remarque qu’une personne nous observe fixement. Limite, je pense au patron qui a demandé à son employé je ne sais quoi. Voyant ma gêne, le serveur me dit “Don’t be shy”. Je coupe court à la discussion et m’en vais.

Le soir-même je sors pour me rendre au marché nocturne, spécialité bien asiatique. Je compte y manger et voir les différentes animations dont ces lieux sont souvent les objets. Malchance... il sera fermé. Sur mon parcours, je fais à nouveau quelques rencontres étranges... Je finis dans un KFC. Mauvaise idée.

29 décembre 2012

En cette dernière journée au Cambodge, je m’autorise un programme un peu plus léger. Au menu donc, une grasse matinée, une croisière sur le Mékong et pour finir un massage khmère.

Je me lève donc assez tard et me rends assez vite sur le quai Sisowath où je cherche un débarcadère. Je trouve assez facilement et, tout comme à Bangkok, ne comprends pas vraiment comment tout cela fonctionne. Un type finit par m’aborder et me demande si je veux faire un tour. Il me propose une croisière à 15$ l’heure. Il est possible de faire 1h, 2h et plus. Plus vous prenez une longue durée, plus vous allez loin. Je choisis une heure. C’est une croisière privée qui m’est réservée. Vous montez dans un bateau assez grand et très lent… et vous êtes seul à bord. La croisière en elle-même s’avère assez bof, mais j’avais cette lubie de naviguer sur le Mékong.

En fin d’après-midi je me cherche un lieu de massage pour essayer la variante khmère. Dans cette région du monde, les salons de massage sont très courants et faciles à trouver. J’en trouve un à 6$ l’heure, 11$ pour 2h. A ce prix-là, on irait tous les jours.

Je choisis 2 heures et aborde ce massage avec une pointe d’appréhension. A l’image du massage traditionnel thaï, le massage khmère se caractérise par l’application de points de pression appliqués par les pouces des masseurs pour libérer les lignes d’énergie dont le corps serait constitué et dont le blocage provoquerait des maladies. Dans certains salons de massage, on vous demande le degré de pression, soft, medium ou strong. A vous de voir ce que vous préférez, mais sachez que de toute manière les masseurs et masseuses s’adaptent à ce que vous pouvez supporter car, en effet, c’est parfois douloureux.

Vous commencez systématiquement par vous déshabiller et revêtez la tenue traditionnelle, à savoir un pantalon de tissu très ample et léger ainsi qu’une chemise-gilet (je ne sais pas très bien comment décrire cet habit) très confortables. Je vous conseille d’ailleurs d’acheter cette tenue si vous en avez la possibilité, surtout les pantalons parfaits à revêtir chez soi. Le massage commence toujours par les pieds et les jambes auxquels succèdent les bras. Vous vous retournez ensuite pour le dos et finissez par un massage de la tête. Si, à mon avis, il faut un massage qui fasse un peu mal il faut également qu’il soit long. Au début, le massage est toujours un peu désagréable. C’est particulièrement le cas des épaules. Le massage détend la zone et au final ne vous crée plus cette sensation de mal-être. Cela peut prendre plus ou moins de temps selon le degré de tension que vous avez accumulé, d’où un massage plus long pour un meilleur résultat.