Objectif Via Alpina

Cette année pour mes vacances, je me lance un projet un peu particulier: traverser la Suisse à pied de Weisstannen à Montreux (d’Est en Ouest). Cette entreprise me prendra un peu plus de deux semaines, ponctuée chaque jour d’une nouvelle étape.

L’idée m’est venue en mars, alors que je suis tombé par hasard sur un site pour découvrir la Suisse à pied. Ce trajet a tout de suite suscité mon intérêt alors que je ne suis pas spécialement randonneur. J’aime bien marcher, mais je ne l’ai jamais fait sur une période et distance aussi longues.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, qu’est-ce que la Via Alpina? A l’origine, il s’agit d’un parcours international constituĂ© de plusieurs variantes. Le concept vous invite Ă  dĂ©couvrir les Alpes — d’oĂą son nom — à travers plusieurs pays limitrophes, l’Italie, la SlovĂ©nie, l’Autriche, la Suisse, la France et mĂŞme Monaco. Je n’ai malheureusement pas le temps, ni l’argent, ni la condition physique pour faire ce parcours en entier, mais suffisamment pour faire la portion suisse de ce parcours.

Les Ă©tapes

Etape 1: WEISSTANNEN — ELM
Etape 2: ELM — BRAUNWALD
Etape 3: BRAUNWALD — URNER BODEN
Etape 4: URNER BODEN — ALTDORF
Etape 5: ALTDORF — ENGELBERG
Etape 6: ENGELBERG — MEIRINGEN
Etape 7: MEIRINGEN — GRINDELWALD
Etape 8: GRINDELWALD — WENGEN
Etape 9: WENGEN — GRIESALP
Etape 10: GRIESALP — KANDERSTEG
Etape 11: KANDERSTEG — ADELBODEN
Etape 12: ADELBODEN — LENK
Etape 13: LENK — GSTAAD
Etape 14: GSTAAD — L’ETIVAZ
Etape 15: L’ETIVAZ — MONTREUX

Préparatifs

Ce voyage m’a demandé un peu plus de préparation que d’habitude. Il y a tout d’abord l’achat d’un équipement adapté, l’entrainement physique et le volet administratif

L’équipement

Entre chaque étape, un coursier s’occupera de transférer ma valise d’un hôtel à l’autre. C’est donc un souci de moins à gérer.

Il me fallait toutefois un équipement adapté pour mes marches et cela commence par les souliers. Mon choix s’est porté sur une paire de chaussures basses Haglöfs. C’est une petite prise de risque, car elles ne protègent pas des entorses, mais sont plus légères à porter ce qui, sur des heures de marche, peut soulager. En dehors de cela, le choix s’est fait sur le design que je trouve particulièrement réussi.

Il me fallait ensuite un sac à dos qui ne soit pas trop volumineux — donc pas trop lourd — tout en offrant un espace suffisamment grand pour emporter une veste de pluie, un pic-nic, des bâtons de randonnées, éventuellement une paire de baskets, des bouteilles d’eau, de la crème solaire, bref un équipement tout de même assez conséquent pour affronter une journée dans la nature. Mes premières recherches se sont portées sur Mammut — une marque suisse pour un trek suisse — mais je n’ai rien trouvé qui me plaisait. Mes recherches m’ont alors conduit sur la marque Osprey (modèle Kestrel 38) dont on dit que c’est la plus réputée pour les sacs de randonnée. Ce qui m’a plu à l’achat, c’était les poches latérales sur la ceinture pour ranger le fourbi smartphone, appareil photo etc. Après essai, le sac est d’un incroyable confort malgré le poids, mais les poches latérales peu pratiques à l’utilisation.

Question habits, il fallait Ă  peu près tout acheter. Pour la pluie, je me suis offert une Arc’Teryx Beta SL rouge. Je suis un grand fan de leurs vestes que j’ai dĂ©couvert lors de mon sĂ©jour linguistique au Canada. Elles coĂ»tent une blinde mais offrent une bonne protection pour un encombrement minimal. J’ai par ailleurs achetĂ© des shorts et t-shirts techniques chez eux Ă©galement.

L’entraînement

Je ne me suis pas autant entraîné que je l’aurais aimé, et c’est sans doute une erreur. Je n’ai fait que 3 sorties.

La première Ă  Bettmeralp, la deuxième Ă  la Lötschberger sĂĽdrampe et la troisième au Creux du Van. Les deux premiers entraĂ®nements ont un profil assez similaires, des sorties plutĂ´t plates mais longues tandis que la dernière Ă  Neuchâtel dĂ©marre par une forte pente et se termine par une descente. Quelques cloques au pied gauche Ă  constater, c’est standard quand on fait de la rando…

Le volet administratif

Pour l’occasion, je me suis offert un abonnement général d’un mois que l’on peut facilement acquérir avec un abonnement demi-tarif CFF. C’est assez onéreux 410 CHF, mais ça me permettra de prendre les transports publics autant de fois que je le souhaite et ça risque d’être souvent car je vais certainement raccourcir quelques étapes par des montées en téléphériques, funiculaires et autres moyens de transport. Ce sera donc vite amorti et comme je l’utilise aussi pour mon entraînement ça tombe plutôt bien.

Au-delĂ  de ça, chaque Ă©tape demande une petite prĂ©paration de reconnaissance. Le site Wanderland mentionne quelques astuces, notamment les tĂ©lĂ©phĂ©riques qui permettent de raccourcir certaines Ă©tapes dĂ©jĂ  très longues. Comme ce sont des coins que je ne connais pas du tout, il faut un peu explorer Ă  l’avance pour Ă©viter les mauvaises surprises… voir par oĂą passe le chemin, Ă©ventuellement rechercher des blogs…

Oui… j’ai une petite inquiétude avant de partir…

Sur le digital

Je ferai une couverture light de mon voyage, principalement via des photos. J’ai choisi la plateforme Medium (depuis migrĂ© sur ce site) pour faire des billets facilement avec mise en avant de photos rapide. J’essayerai de faire des clins d’oeil  sur Instagram mes plus belles photos (nom d’utilisateur: errol.nardan). Si des paysages s’y prĂŞtent bien, je ferai quelques Facebook Live et si je suis vraiment motivĂ©, quelques timelapses.


29 juillet 2016: départ pour Weisstannen

Weisstannen est un petit village se trouvant dans le canton de Saint-Gall. Pour s’y rendre, il faut aller à Zurich, changer de train direction Sargans, puis prendre successivement deux bus.

Le voyage se passe très bien, sauf un petit imprévu auquel je n’avais pas pensé. Pour avoir une place assise dans le train menant de Zurich à Sargans, il faut réserver sa place, ce que je n’avais pas fait puisque je bénéficie pendant un mois d’un abonnement général. Il s’agit d’un train Railjet qui se dirige vers Innsbrück…

Je ne voulais pas perdre trop de temps et suis donc monté en restant assis vers les portes où se trouvait également une charmante Indienne tout aussi empruntée que moi, mais clairement plus irritée. D’après ce qu’elle me raconte les guichets sont peu efficaces, elle n’a pas de billet et traque l’arrivée du contrôleur pour en acheter un.

Arrivée à l’hôtel sans anicroche. Accueil que je qualifierai de plutôt froid, mais correct, je ne dormirai quasiment pas de la nuit.

30 juillet 2016: Ă©tape de Weisstannen Ă  Elm

J’ai hâte de commencer et de me confronter enfin à ce parcours. J’ai avec moi un mini pic-nic constitué de restes de Genève, il faut dire que Weisstannen est un tout petit village dans lequel je ne me suis arrêté que pour dormir. C’est une erreur de ne pas avoir prévu un vrai repas. Dès 8h, l’hôtelier me conduit vers le départ de la Via Alpina, c’est un deal prévu avec le tour opérateur SwissTrail.

Je commence donc relativement tôt, suis seul tout le long de la montée vers le Foo Pass. C’est une montée exigeante, longue d’environ 3h (depuis Untersäss) avec un fort dénivelé.

2016-via-alpina-weisstannen-to-elm-switzerland.jpg
2016-via-alpina-weisstannen-to-elm-switzerland-3.jpg

Vers 11h30, j’arrive au sommet où je rencontre un papy qui fait le col en sens inverse. Nous discutons pendant un lunch improvisé, il est du coin, trek et bivouac depuis Brigels depuis plusieurs jours. A côté, je me sens un peu bête avec mon coursier qui se charge du transfert de mes bagages… Tout en mangeant, il guette les marmottes, nous n’en verrons pas mais je serai plus chanceux les jours suivants.

Il me quitte peu après, je fais une petite sieste au soleil pour récupérer de la montée qui m’a un peu marqué.

La descente sur Elm se déroule bien mais me casse les jambes et m’éprouve physiquement. Arrivé à destination, je suis agréablement surpris par l’hôtel même si la chambre est toute petite.

2016-via-alpina-weisstannen-to-elm-switzerland-19.jpg

Elm est le village natal (ce que j’ignorais) de Vreni Schneider, championne de ski quand j’étais enfant. Dès mon arrivée, je me focalise sur la récupération, je n’avais pas pris suffisamment de nourriture et je sens que ça va être difficile le lendemain avec déjà, une belle cloque au talon droit que je perce pour la neutraliser au plus vite.

31 juillet 2016: étape d’Elm à Braunwald

A nouveau, je ne dors pas de la nuit, mais pire, je sens que je suis en train d’attraper un rhume. Mon genou droit me fait mal, je fais grise mine car je me vois mal enchaîner une étape similaire à la veille dans ces conditions. Pour ne rien aider, il a plu la nuit et le temps est très menaçant. Que faire? Partir ou renoncer?

L’hôtelière est adorable et me conseille. En altitude, le temps peut être très changeant. Je décide donc de ne pas tenter le diable et me reporte sur un autre parcours la Friedliweg (en plaine). Le fait est que marcher sous la pluie pendant plusieurs heures n’est pas agréable, mais surtout peut être dangereux car le terrain devient glissant.

J’arrive en fin d’après-midi à Braunwald dans un état comateux. Le parcours était plat, mais j’ai des poussées de fièvre qui ne me rassure pas et lamine mon moral. Le soir, je mange une soupe et au lit.

L’hôtel est vraiment très charmant (Alexander Toediblick), un chalet dans lequel je dormirai comme un bébé.

1er août 2016: étape de Braunwald à Urner Boden

Je me lève content parce que je sens que je vais beaucoup mieux. Plus de fièvre et plus de mal de genou. Seul point noir: il pleut. Je ferai quand même le parcours entre Braunwald et Urner Boden qui s’avère assez facile malgré les conditions atmosphériques.

IMG_1401-2.jpg
IMG_1403.jpg
IMG_1427-2.jpg
IMG_1430-2.jpg

L’hôtel n’est pas exceptionnel, mais l’accueil est chaleureux.

2 août 2016: étape d’Urner Boden à Attinghausen

Longue étape mais qui comporte l’avantage de pouvoir prendre le bus à plusieurs endroits du parcours ce qui permet d’ajuster sa randonnée à son envie. A titre personnel, je ne trouve pas que l’étape soit d’un intérêt particulier, celles qui suivent le seront beaucoup plus!

IMG_1431-2.jpg
IMG_1435-2.jpg
IMG_1438-2.jpg
IMG_1442-2.jpg
IMG_1467.jpg
via-alpina-2016-on-the-way-to-altdorf.jpg

Super hĂ´tel: Krone HĂ´tel

3 août 2016: étape d’Atthinghausen à Engelberg

Très belle étape, sans doute la plus belle de cette première partie de la Via Alpina. La montée sur le Surenenpass est très exigeante, surtout la fin où le dénivelé est très difficile à négocier. La vue au sommet est magnifique et la descente sur Engelberg plutôt agréable.

via-alpina-2016-altdorf-to-engelber.jpg
via-alpina-2016-altdorf-to-engelberg-2.jpg
via-alpina-2016-altdorf-to-engelberg-3.jpg
via-alpina-2016-altdorf-to-engelberg-4.jpg
via-alpina-2016-altdorf-to-engelberg-5.jpg
via-alpina-2016-altdorf-to-engelberg-6.jpg
via-alpina-2016-altdorf-to-engelberg-7.jpg

Je découvre Engelberg dont j’ignorais tout. C’est un village très touristique où se côtoient de nombreuses nationalités: Moyen Orient, Extrême Orient et Inde.

4 août 2016: étape d’Engelberg à Meiringen

A nouveau très belle étape, plus facile que la veille. Il n’y a pas de gros dénivelé si l’on prend les remontées mécaniques.

Au départ d’Engelberg, beaucoup de touristes et de locaux se pressent vers les télécabines. Démarrage difficile, car il y a une panne. Une queue se forme et les touristes qui n’ont pas l’habitude de prendre ce type de remontée mécanique ne remplissent pas les cabines ce qui provoque l’ire d’une Lucernoise. Elle prend la même cabine que moi avec son mari et trois Chinois. Nous discutons de tout et de rien, elle me demande ce que je viens visiter, lui explique ma démarche, tandis que le mari raconte aux Chinois qui viennent de Pékin qu’à certaines périodes il y a jusqu’à 600 vaches dans les prés avant de poursuivre et de nous révéler que la princesse thaï vit ici, à Engelberg, dans un hôtel, que ses gardes du corps doivent courir derrière quand elle skie….

Tous deux sont Ă  la retraite et me souhaitent bonne chance dans mon entreprise.

Arrivé en haut, tout commence par la descente sur le lac Engstlensee qui m’a beaucoup fait penser à Lake Louise (Canada).

via-alpina-2016-engelberg-to-meiringen.jpg
via-alpina-2016-engelberg-to-meiringen-2.jpg
via-alpina-2016-engelberg-to-meiringen-3.jpg
via-alpina-2016-engelberg-to-meiringen-4.jpg

Le parcours se poursuit sur un chemin de crĂŞte avec un panorama imprenable sur les montages alentours.

via-alpina-2016-engelberg-to-meiringen-6.jpg
via-alpina-2016-engelberg-to-meiringen-7.jpg

Le chemin se termine sur Planplatte oĂą on peut avoir une vue splendide au-dessus de Meiringen et au loin le lac de Brienz.

Le soir, il pleut ainsi que le lendemain.

5 août 2016: étape de Meiringen à Grindelwald

Il pleut comme vache qui pisse comme on dit ici. Je renonce à faire l’étape et fais le parcours en train, cela me permet de souffler et de récupérer des forces pour les prochains jours qui s’annoncent magnifiques.

Arrivé à Grindelwald, je fais mon check-in à l’hôtel (splendide 4*) avant de repartir immédiatement pour le Cliff Walk, une passerelle à flanc de falaise. Le brouillard épais ne me permet pas de profiter de la vue, mais l’expérience est grisante quoique trop courte à mon goût. A faire donc de préférence par temps dégagé, surtout pour le prix. Il faut en effet prendre un télécabine qui est loin d’être bon marché. Plutôt déçu donc.

via-alpina-2016-meiringen-to-Grindelwald.jpg
via-alpina-2016-meiringen-to-Grindelwald-2.jpg
via-alpina-2016-meiringen-to-Grindelwald-3.jpg
via-alpina-2016-meiringen-to-Grindelwald-4.jpg

De retour à l’hôtel, je me renseigne pour faire un détour par le Jungfraujoch le lendemain. Je l’avais fait étant petit et l’occasion est belle d’y retourner puisque je suis à deux pas. Le contact avec hôtelière passe bien, j’en profite donc pour discuter avec elle. Elle vient de Lucerne et m’explique qu’elle n’a jamais pu le faire. La montée (aller-retour) coûte 184.- pour un adulte. Elle rigole, car elle recommande souvent la montée aux touristes mais n’y est jamais allée elle-même à cause du prix.

Je l’ai déjà senti auparavant, mais c’est particulièrement marquant ici à Grindelwald, le tourisme en Suisse est hors de prix.

Bref, pour me décider, elle me recommande de regarder demain matin la livecam pour voir si le temps est au rendez-vous.

6 aoĂ»t 2016: Ă©tape de Grindelwald Ă  Wengen

La veille, je me demande si je dois faire un dĂ©tour par le Junfraujoch, un lieu touristique majeur de la Suisse que j’avais fait Ă©tant petit. L’endroit m’attire particulièrement puisqu’il offre une vue imprenable sur le glacier d’Aletsch que j’ai plutĂ´t l’habitude d’admirer depuis Bettmeralp (Valais). Le glacier d’Aletsch est un lieu magique.

L’étape menant de Grindelwald à Wengen est facile. De plus, elle peut être raccourcie en prenant le train, c’est l’une des rares étapes dont le parcours est suivi entièrement par un transport public, ce qui permet de dégager du temps pour faire une boucle vers le Jungraujoch qui se trouve sur le chemin. Je me décide donc à faire ce détour.

L’affaire ne peut pas vraiment s’improviser puisqu’il faut réserver sa place. C’est une mesure qui permet de réguler la cohue dans les trains, car il y a en effet beaucoup de monde qui s’y rend. Pour une personne toutefois, j’ai pu sans trop de problème obtenir ma place dans le train au prix d’une petite attente à mi-course. Vous devez non seulement booker votre billet aller, mais également votre billet retour. Au total, j’ai eu deux heures à ma disposition au sommet, mais il vous est possible d’avoir une plage horaire plus longue (ce que je recommande).

Au sommet, non seulement vous avez la vue, mais vous avez également l’eispalast, vous pouvez sortir pour prendre des photos sur le sphinx (l’observatoire), sur la neige dans une zone sécurisée et également vous rendre au Monschjochhütte (attention 45min l’aller et donc 45min le retour). Il y a par ailleurs des activités “fun”, luges, tyroliennes etc. A l’intérieur, plusieurs restaurants allant du raffiné au self vous attendent, dont un bollywood, ce qui personnellement me désole.

via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-2.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-3.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-4.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-5.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-6.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-7.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-8.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-10.jpg
via-alpina-2016-grindelwald-to-wengen-12.jpg

Descente ensuite sur Wengen d’un pas soutenu, je n’ai pas vraiment pu profiter de la vue, le brouillard étant assez haut ce jour-là.

7 aoĂ»t 2016: Ă©tape de Wengen Ă  Griesalp

Très belle étape.

Tout commence par un transfert en train de Wengen à Mürren. Montée douce puis carrément exigeante avant de retrouver un replat qui permet de souffler un peu avant d’entamer un col de première catégorie, le Sefinenfurgge. Tout le long, j’ai une vue imprenable sur le Monsch, l’Eiger et la Jungfrau.

Dans la montée, je rencontre une Allemande en stage à Thoune littéralement émerveillée par le panorama. Nous montons chacun à notre rythme, la pente est dure, je progresse dans la douleur jusqu’à ce que j’aperçoive des Bouquetins sur ma droite.

via-alpina-2016-wengen-griesalp.jpg
via-alpina-2016-wengen-griesalp-2.jpg
via-alpina-2016-wengen-griesalp-3.jpg
via-alpina-2016-wengen-griesalp-4.jpg

Cela me rebooste et termine quelques minutes plus tard le col. Je profite de la vue, me sustente et descend sur Griesalp.

via-alpina-2016-wengen-griesalp-55.jpg

La pente est forte, au point de nécessiter des escaliers.

via-alpina-2016-wengen-griesalp-6.jpg
via-alpina-2016-wengen-griesalp-8.jpg
via-alpina-2016-wengen-griesalp-9.jpg

Sur le parcours, je rencontre Marco, qui fait un week-end dans le coin. Nous mangerons ensemble le soir puisque nous restons dans le mĂŞme hĂ´tel.

8 août 2016: étape de Griesalp à Kandersteg

Splendide étape, sans doute la plus belle du parcours. Le matin, je croise Marco que je laisse partir. Il est plus affûté que moi et je souhaite monter à mon rythme vers la Blümisalphütte. Bien m’en a pris, puisque je qualifierai ce col d’hors catégorie. 1400m de dénivelé sur une pente très raide.

Sur le papier, la montée est évaluée à 4h15, je le fais en 3h40, mais je suis tellement éprouvé en haut que je redoute la descente. Eh oui, qui monte, redescend à un moment et tout randonneur sait que la descente est parfois plus difficile que la montée.

Sur la route, je fais connaissance d’un couple hollandais tout juste arrivĂ©s pour les vacances et un Bernois proche de la retraite. On se retrouve tous en haut, y compris Marco en apprĂ©ciant l’une des plus belles vues que je connaisse. Il faut dire que les conditions sont optimales, le beau temps est au rendez-vous et la plaine est complètement dĂ©gagĂ©e. A ce moment, je regrette presque devoir redescendre au lieu de dormir lĂ  haut tellement c’est extraordinaire. Il faut dire que c’est ma première cabane… 
Attention toutefois, prix exorbitants.

via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-2.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-3.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-4.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-5.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-6.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-8.jpg

Comme la veille la descente démarre par des marches et dure 2h30 avant de voir l’Oeschinensee, clou du spectacle. Je pense avoir pris plus de temps, je suis beaucoup moins efficace à la descente qu’à la montée. Notre petite équipée descend chacun à son rythme en apprenant à nous connaître au gré des pauses que nous nous octroyons. Tout comme les précédentes étapes, il y a des “Berghaus” qui permettent de souffler et de se ravitailler avec de la viande séchée et du fromage d’alpage, un délice!

via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-9.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-10.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-11.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-12.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-13.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-14.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-16.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-17.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-19.jpg
via-alpina-2016-griesalp-to-kandersteg-20.jpg

Nous nous quittons chacun de notre côté vers nos destinations respectives. C’est un peu une frustration que j’ai personnellement. Ces rencontres improvisées sont trop courtes et j’aimerais connaître davantage ces personnes mais nous avons chacun des plans différents. Je l’avais déjà vu en Turquie, les treks facilitent les rencontres, mais elles sont furtives.

9 août 2016: étape de Kandersteg à Adelboden

La pluie était annoncée par Météo Suisse toute la journée, ce que j’accueillais avec un petit soulagement, car cela me permettait de souffler un peu après ces deux très belles étapes physiques.

Au lever, il fait couvert, mais il ne pleut pas. Je me méfie et ne fais toutefois pas l’étape à pieds, je rejoins Adelboden par transport public. Je sens que j’ai besoin de récupérer pour finir la semaine qui s’annonce plus clémente.

Bien m’en a pris, arrivé vers midi à Adelboden, il commence à pleuvoir sans interruption.

 

10 aoĂ»t 2016: Ă©tape d’Adelboden Ă  Lenk

Il fait toujours couvert, presque froid, mais il ne pleut pas. Je décide de faire l’étape car elle est courte, 4h de marche seulement. C’était sans compter une erreur d’orientation de ma part, je manque une balise à un endroit et me vois ralonger d’une bonne heure de marche.

Ce n’est pas très grave en soi et j’atteins l’Hahnenmoospass sans trop de difficultés.

via-alpina-2016-adelboden-to-lenk.jpg
via-alpina-2016-adelboden-to-lenk-2.jpg
via-alpina-2016-adelboden-to-lenk-3.jpg
via-alpina-2016-adelboden-to-lenk-4.jpg

Trek que je qualifierai de peu intéressant au regard de ce que j’ai fait les jours précédents.

A chaque arrivée d’étape, j’achète de l’eau minérale, 1l au minimum, et quelques fruits prédécoupés pour la récupération avant d’étudier l’étape du lendemain. Le soir, je m’offre une entrecôte Simmental puisque nous sommes en plein dans la région de cette viande réputée.

10 aoĂ»t 2016: Ă©tape de Lenk Ă  Gstaad

Le beau temps est de retour et cela me réjouit, car j’ai beaucoup plus de plaisir quand le soleil est là et qu’il ne fait pas trop froid. L’étape consiste en un joli chemin qui parcourt au sommet des formations de calcaire.

via-alpina-2016-lenk-to-gstaad.jpg
via-alpina-2016-lenk-to-gstaad-2.jpg
via-alpina-2016-lenk-to-gstaad-3.jpg
via-alpina-2016-lenk-to-gstaad-4.jpg
via-alpina-2016-lenk-to-gstaad-5.jpg

L’étape est plutôt belle, mais à nouveau souffre de la comparaison avec ce que j’ai fait les jours précédents. Cela sera le cas tout le long jusqu’à la fin de mon parcours.

Arrivé à Gstaad, je suis très étonné par le nombre de Français et d’Allemands en villégiature dans la station. Je me dis que l’affaire Johnny qui avait fait tant de foin à l’époque a dû faire une pub inespérée pour ce village.

En tout cas, que l’on se méprenne pas, il y a effectivement beaucoup d’argent dans le coin, ça se sent en observant les voitures qui circulent mais aussi en admirant les propriétés.

Le soir, je mange pour la première fois des Penne. Grave erreur, je le paierai le lendemain.

11 aoĂ»t 2016: Ă©tape de Gstaad Ă  L’Etivaz

Journée très difficile, je suis crevé le matin et arrive à peine à mettre un pieds devant l’autre malgré des conditions météorologiques optimales. Je mets ça sur le compte des pâtes de la veille, mais c’est peut-être aussi simplement la fatigue de deux semaines de marche qui commence à peser.

Quoi qu’il en soit, cette étape se fait dans la douleur alors qu’elle est plutôt facile sur le papier, que 5h10 de marche sans très gros dénivelé.

via-alpina-2016-gstaad-to-etivaz.jpg
via-alpina-2016-gstaad-to-etivaz-2.jpg
via-alpina-2016-gstaad-to-etivaz-3.jpg

Je finis sur les rotules et me demande comment je vais enchainer le lendemain pour la dernière étape qui se termine sur l’une des plus belles vues du parcours.

J’essaye de me consoler en prenant un dessert local, glace avec double crème. Cette dernière est un véritable délice.

12 août 2016: étape de L’Etivaz aux Rochers de Naye

Le matin, je me réveille sans trop de mal et me prépare à affronter cette dernière journée. J’appréhende car 6h40 de marche m’attendent — bien plus que la veille — avec du dénivelé et sous un soleil ardent. Je commence sans me mettre la pression en prenant plus d’eau que d’habitude, sentant que j’allais pas mal transpirer…

Le premier bout longeant le lac de l’Hongrin n’est pas très difficile.

via-alpina-2016-etivaz-rochers-de-naye.jpg
via-alpina-2016-etivaz-rochers-de-naye-2.jpg

C’est la montée sur les Rochers de Naye qui est plus difficile, surtout après deux semaines de marche. Je m’arrête en cours de route dans une fromagerie d’alpage dans laquelle on peut acheter une assiette valaisanne.

via-alpina-2016-etivaz-rochers-de-naye-3.jpg

Avant de m’atteler à la fin du parcours. Je repars trop vite, la digestion est difficile mais je m’accroche. Arrivé au sommet, vous êtes récompensés par l’une des plus belles vues sur le lac Léman.

via-alpina-2016-etivaz-rochers-de-naye-4.jpg
via-alpina-2016-etivaz-rochers-de-naye-5.jpg
via-alpina-2016-etivaz-rochers-de-naye-6.jpg
via-alpina-2016-etivaz-rochers-de-naye-8.jpg

Je profite pleinement de cet instant, avant de redescendre sur Montreux où je dois récupérer ma valise et rentrer à Genève.


LES COUPS DE COEUR

  • L’étape de Griesalp Ă  Kandersteg sans hĂ©siter. Tous les Ă©lĂ©ments Ă©taient rĂ©unis pour une journĂ©e parfaite. Et plus largement, les paysages Ă  couper le souffle.

  • Les Berghaus: l’accueil chaleureux, la simplicitĂ© et les produits du terroir savoureux.

  • Les rencontres, bien que trop courtes.

  • La dĂ©tox digitale (oui, vous avez bien lu…)

LES DECEPTIONS

  • Des prix exorbitants, que ce soit pour les repas, les remontĂ©es mĂ©caniques et autres.

  • On dit souvent de hĂ´tellerie suisse qu’elle est excellente. J’ai vu mieux honnĂŞtement mĂŞme si ce n’était pas catastrophique.

  • Les pseudos Ă©quipements techniques: beaucoup de marketing, peu de plus-value.

Sur le parcours

  1. Les églises sont partout très bien entretenues, même dans les coins les moins accessibles.

  2. La Suisse est véritablement un château d’eau, cette réputation n’est pas usurpée. Il y a des chutes d’eau, des ruisseaux et des torrents partout.

  3. Du coup, inutile de prendre trop d’eau avec soi, il y a partout des sources où se réapprovisionner.

  4. C’est moins vrai pour la nourriture, prévoir avec soi de quoi manger. Il y a souvent des berghaus, mais pas toujours là où on l’aimerait.

  5. On retrouve partout des vaches, sur chacune des étapes. Je n’avais pas mesuré cette omniprésence avant de faire ce voyage.

  6. Le réseau de transports publics suisse est impressionnant. Il est possible d’aller partout! Pour trouver les bonnes connexions, je vous recommande l’application des CFF.

  7. Voyager en Suisse coûte très (trop) cher. Je le savais déjà puisque j’y vis, mais cela m’a particulièrement choqué pendant ces deux semaines.

  8. Pour ceux ou celles qui ne peuvent pas faire le parcours en entier, je recommande les étapes à partir d’Altdorf jusqu’à Kandersteg et/ou Adelboden. Ce sont les plus belles même si les autres sont aussi intéressantes.

  9. Certains hôtels laissent à désirer. Votre valise n’est pas systématiquement montée dans votre chambre. Croyez-moi après plusieurs heures de marche, ça peut paraître bête, mais vous le remarquez. Il y a rarement des mini-bars, ou alors il faut monter en gamme.

  10. Les sentiers sont extrêmement bien balisés, je ne me suis planté qu’une seule fois. J’en tire la conclusion que la Suisse est un pays de randonneurs.

  11. Vous n’êtes jamais seuls et les contacts sont faciles. Tout est une question d’attitude et de sourire, il n’y a pas vraiment de classe sociale ou d’effets de tribu comme on peut le voir en milieu urbain.

  12. Il est toujours utile de faire un peu de reconnaissance la veille sur google maps notamment.

  13. Les Coops sont mieux implantées dans les régions reculées que les Migros.

  14. Les grandes villes ne sont pas nécessairement les lieux touristiques par excellence en Suisse.

  15. On ne capte pas partout les chaînes romandes, ce qui m’a choqué.

  16. La détox digitale est une vraie soupape mentale.

Sur le défi physique

  1. Les trois premiers jours sont les plus difficiles.

  2. Chaque jour est un autre jour comme on dit. On peut être down à un moment et reboosté le lendemain après une bonne nuit de sommeil.

  3. Toujours avoir un sac le plus léger possible.

  4. Les soupes de légumes sont le meilleur moyen pour récupérer rapidement.

  5. Le fromage permet de récupérer des sels minéraux perdus pendant la journée, les marathoniens le savent bien.

  6. Les plus belles Ă©tapes sont souvent celles qui sont les plus exigeantes physiquement.

  7. Quand il fait très chaud, prévoir davantage d’eau.

  8. Quand il pleut, ĂŞtre plus prudent, le terrain est glissant et donc dangereux. Il peut y avoir des Ă©boulements ou des chutes de pierres.

Sur l’équipement

  1. Les vêtements dits “techniques”, c’est du bullshit. A part des chaussettes spécifiques, des vêtements en coton suffisent amplement. Exception: une bonne veste contre la pluie (légère et de bonne protection) de type Gore-Tex.

  2. Pour les chaussettes, je conseille une paire pas trop Ă©paisse. Plus elles sont Ă©paisses, plus elles sont chaudes. Or, la chaleur favorise la formation de cloques.

  3. Mettre le prix pour avoir d’excellentes chaussures. Après deux semaines, les miennes sont raides.

  4. Toujours prévoir un second t-shirt sec à revêtir quand on arrive au sommet.

  5. Avoir une pharmacie complète pour parer à tous les bobos survenant en cours de route, dont les indispensables pansements contre les cloques et un anti-douleur de type Voltaren dolo.

  6. Inutiles pour moi, les bâtons de trek, mais beaucoup de marcheurs en utilisent. A vous d’évaluer…

  7. Prendre avec soi un appareil photo en plus de son smartphone. Attention au poids par contre…

  8. Inutile de prendre un trépieds ou autre, vous n’aurez pas vraiment le temps ou l’énergie pour les prises de vue travaillées.

  9. Il existe des gourdes avec pailles allongées, on appelle ça des camelbaks. Elles existent sous forme de bidons d’eau ou en sachets qui viennent se loger dans le sac. Je recommande les bidons, plus simples à laver. C’est un vrai confort de pouvoir boire sans se tortiller pour atteindre sa gourde.